Arts visuels/Exposition/Photographie

Vera Frenkel – Cartographie d’une pratique

Du rapport entre les archives et les échafaudages

Du 2 octobre au 4 décembre 2010
Commissaire: Sylvie Lacerte

Cette exposition originale repose sur les deux sens du mot échafaudage, son sens propre: « action de construire un échafaud, cet échafaud lui-même », et son sens figuré: « assemblage de faits, d’arguments, ce qui sert à fonder quelque chose, édification progressive ».

En effet, dans Cartographie d’une pratique, on peut voir d’une part un film sur le fonds d’archives de Ruth, une archiviste des échafaudages fictive créée par Vera Frenkel, et d’autre part, une sélection d’archives faites par Sylvie Lacerte dans le fonds d’archives bien réel de l’artiste Vera Frenkel, et qui documente son processus de création.

Dans le superbe film Notes from the Scaffolding Archive, 2008-2009, Vera Frenkel nous convie à une rencontre avec une archiviste des échafaudages, Ruth, qui transmet son rapport à une collaboratrice, comportant ses observations à propos des changements d’une ville. Ruth explique comment elle a documenté tout ce qui appelait un échafaudage, que ce soit la destruction d’un pâté de maison ou la rénovation de la vitrine d’un commerce.

YES I UNDERSTAND: Notes from the Scaffolding Archive, 2008-2009
image tirée du vidéogramme
Avec la permission de Vera Frenkel

Elle essaye de préserver la mémoire d’une ville qui sera submergée un jour par les eaux. Au début, elle note pour chaque photo: le lieu, la date, l’heure et les conditions météorologiques. Mais peu à peu, on sent son découragement percer à travers ses paroles « Transience was all » (tout est éphémère).

Sylvie Lacerte nous invite en même temps à explorer les archives de Vera Frenkel. La synthèse échafaudée par la commissaire d’exposition réunit des archives et des œuvres d’art qui dévoilent certaines étapes de la création artistique. Sylvie Lacerte a sélectionné trois œuvres, auxquelles elle a juxtaposé des documents qui précèdent et suivent sa réalisation. Ces documents proviennent des archives personnelles de l’artiste ainsi que du fonds Vera Frenkel de la Queen’s University. Ils constituent en quelque sorte un échafaudage autour de l’oeuvre.

Cette exposition effectue un parallèle qui peut sembler étrange, au premier abord, entre échafaudages et archives mais finalement pas tant que cela car « Les échafaudages ainsi que les archives sont des marques laissées par l’effacement des lieux » (extrait du film). De la même manière que les échafaudages évoquent des squelettes restant après ou avant la destruction d’un lieu, les archives sont également, en quelque sorte, les ossements de la mémoire culturelle.

« …from the Transit Bar » / « …du transitbar « , 1992
Vitrine – SBC Gallery
avec la permission de Vera Frenkel

Les oeuvres de Vera Frenkel explorent des questions comme la censure, le déracinement et la place de la mémoire culturelle. Récipiendaire de doctorats honorifiques du Nova Scotia College of Art and Design et de la Emily Carr University (Vancouver), Vera Frenkel est aussi lauréate de nombreuses récompenses dont le prix Molson du Conseil des Arts du Canada.
Site web de l’artiste : www.verafrenkel.com

Vera Frenkel participe au projet DOCAM, Documentation et Conservation du patrimoine des arts médiatiques. Ce projet comprend entre autres un Guide de catalogage des collections nouveaux médias qui s’adresse principalement à tous les gestionnaires de collections d’œuvres de nouveaux médias comme les archivistes de collections et les conservateurs des musées: http://www.docam.ca/fr/guide-de-catalogage.html

Alain Depocas expose le mandat du Docam dans l’article « Documenter les pratiques artistiques utilisant la technologie: des modèles à développer », p.365-367, Ouvrir le document d’Anne Bénichou.

Pour voir l’exposition :

SBC – Galerie d’art contemporain
Horaires : du mercredi au samedi de 12 h à 17 h.
Adresse: 372, Ste-Catherine ouest, suite 507, Montréal

Site internet: www.sbcgallery.ca/

Lire aussi :

Une réflexion sur “Vera Frenkel – Cartographie d’une pratique

  1. Pingback: Maryse Arseneault – Nature morte en huit tableaux « Les archives à l’affiche

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