Diffusion et mise en valeur/Histoire/Préservation et conservation

Le défi de la préservation de la mémoire

Les archives du Québec font l’affiche de l’actualité ces jours-ci :

Une suite de quatre articles publiés par le Devoir évoquent en effet la question du pillage des archives à une époque où la préservation des archives semblait ne pas être une priorité.

Voici ces 4 articles en ordre chronologique :
La mémoire du Québec pillée au fil des siècles
« Des centaines de documents volés se retrouvent à l’Université Harvard et à Chicago: ils ne seront pas rapatriés, par manque de budget et d’intérêt »
Isabelle Paré, le  23 novembre 2010
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/311545/la-memoire-du-quebec-pillee-au-fil-des-siecles

Des documents volés revendus aux enchères
«Un document des Archives nationales du Québec acquis au coût de 250 $ en 1940 a été revendu 276 000 $ chez Christie’s en 2004»
Isabelle Paré, le  24 novembre 2010
http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/311615/des-documents-voles-revendus-aux-encheres

Archives nationales – Trou de mémoire
Marie-Andrée Chouinard, le  24 novembre 2010
http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/311572/archives-nationales-trou-de-memoire

Libre opinion – BAnQ fait tout pour préserver la mémoire du Québec
Carol Couture, le  25 novembre 2010
http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/311652/libre-opinion-banq-fait-tout-pour-preserver-la-memoire-du-quebec

Les archives dans l’oubli – Copyright © PlanèteCastor

Ces articles passionnants méritent vraiment d’être lus in extenso, aussi nous nous contenterons ici de résumer à grands traits le déroulement de la controverse :

Isabelle Paré soulignait particulièrement dans son premier article que : « Le pillage des archives de l’État ne date pas d’hier. En 1926, lors de la création du premier service d’archives nationales, le premier archiviste du Québec, Pierre-Georges Roy, se désolait de la perte immense subie au fil des décennies. Nous avons peut-être perdu deux fois plus d’archives que nous en avons actuellement dans nos voûtes. […] [Les archives] sont rendues un peu partout sur le continent américain. J’en ai vu à Montréal à Ottawa, à Boston, à Chicago et même à La Nouvelle-Orléans, poursuit-il. Elles ont été tout simplement volées et vendues à ces institutions».

Le deuxième article d’Isabelle Paré évoquait le cas d’un journal de 1730, Relation du voyage de la Louisiane ou Nouvelle-France, dérobé aux Archives nationales du Québec qui avait été revendu pour 276 000 $US à New York chez Christie’s en 2004.

Un troisième article, cette fois de Marie-Andrée Chouinard mettait en relief des explications possibles à ce pillage comme la minceur des budgets d’acquisition et insistait sur l’indifférence « du haut de la pyramide politique ».

Un quatrième article rédigé par Carol Couture, conservateur et directeur général des archives pour Bibliothèque et Archives nationales du Québec, prenait la défense de Banq et mettait en exergue que « les faits décrits par Le Devoir remontent à une époque où les pratiques en matière de sécurité des documents d’archives étaient moins rigoureuses qu’aujourd’hui ». Il indique également dans cet article que, pour les documents conservés à l’Université Harvard, un instrument de recherche est disponible: http://oasis.lib.harvard.edu/oasis/deliver/~hou01493 , ainsi que pour les documents conservés par la Newberry Library, qu’on peut trouver à l’adresse suivante : http://www.newberry.org/collections/fremss.html#Checklist.

À la fin de ce même article, Isabelle Paré réplique en posant de nouvelles questions :

« Si BAnQ prend au sérieux la disparition de documents, pourquoi a-t-il fallu tant d’années pour s’intéresser au dossier des archives dispersées à Harvard et à Chicago? Manque de budget? Nous compatissons. Peut-on en effet imaginer un pays du G8 dont la direction des archives nationales ne dispose d’aucun budget d’acquisition? Enfin, est-ce que la numérisation et l’apparition d’Internet, très utiles pour les usagers, exemptent les archives nationales de leur devoir de mémoire et de conservation du patrimoine archivistique? »

Le débat reste ouvert.


L’église Saint-Sauveur sur l’échafaud – Copyright © PlanèteCastor

Sur ce sujet de la préservation, on peut aussi élargir la question au patrimoine architectural. En effet, bien que des organismes tels qu’Héritage Montréal tentent de sauver des bâtiments historiques pour éviter de répéter les erreurs du passé, il circule pourtant actuellement une pétition pour sauver la maison Redpath, comme si la sauvegarde patrimoniale n’était pas une évidence acquise.

Lire aussi :

Nouvelle mise à jour, un article d’Isabelle Paré, 10 décembre 2010 :

Dernière mise à jour de Banq, décembre 2010 (p.5, à propos du journal vendu chez Christie’s en 2004) :

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