Profession

Sortir l’archiviste de l’ombre [Partie 1]

Depuis ma sortie des études, mon expérience du marché du travail m’a longuement fait réfléchir sur ma profession. Progressivement, et suivant la convergence des idées véhiculées par mes collègues, mes réflexions se sont avérées de plus en plus critiques.

Plus récemment, dans la foulée des propos publiés sur le web concernant la reformulation de notre titre (consulter, entre-autre le texte de Natalie Bissonnette), mon opinion s’est précisée et il m’est apparu clairement que nous regardions le problème à l’envers. Alors que nous discutions sur les différentes appellations d’emploi, je me suis dis « Mais le problème, en fait, c’est que le terme archiviste ne dit presque ou absolument rien aux communs des mortels ! ». À titre d’exemple, lorsque j’étudiais au certificat en gestion des documents et archives à l’UQAM, on m’a souvent demandé :

« Qu’est-ce que tu apprends au juste? »
« Comment gérer les documents et les archives… »
« Ah… et tu vas faire quoi après ton baccum* ? »
« Archiviste »
« C’est quoi un archiviste ? »
« (!?!) »

Quelques années plus tard, dans le cadre de ma maîtrise en muséologie, j’ai suivi un cours portant sur l’utilisation des archives par les artistes en art contemporain. Lors de la présentation du cours en début de session, une élève a posé une question à la professeure : « Qu’est-ce que c’est une archive ? ». La réponse de la professeure m’a encore plus étonnée que la question de l’étudiante. Celle-ci n’était, en fait, pas en mesure de définir avec assurance ce qu’est une archive… Ne voulant pas trop offusquer la professeure à son premier cours, je ne le l’ai pas reprise. Quelle erreur ! Si nous souhaitons que notre profession soit plus connue, il faut la promouvoir !

Les archivistes n’ont pas à changer leur titre pour donner un sens à leur travail, mais plutôt à éduquer la population sur ce qu’est un archiviste, cette étrange créature polyvalente, indispensable et pourtant si méconnue.

Voilà pourquoi je lance la discussion sur « comment sortir l’archiviste de l’ombre ». Au courant des prochaines semaines, je traiterai de ce sujet en lien avec les aspects suivants :

  • l’archiviste sur les bancs d’école
  • l’archiviste sur le marché du travail
  • l’archiviste dans le monde des affaires
  • l’archivistique : vers la création d’un nouveau programme

En espérant que ma série de billets suscitera une réflexion constructive !

*Baccalauréat par cumul de certificats

12 réflexions sur “Sortir l’archiviste de l’ombre [Partie 1]

  1. Pingback: La veille informationnelle ou Comment faire de la formation continue sans suivre de cours | Convergence

  2. Pingback: La veille informationnelle ou Comment faire de la formation continue sans suivre de cours | Convergence

  3. Pingback: Sortir l’archiviste de l’ombre [Partie 3] | Convergence

  4. Pingback: Sortir l’archiviste de l’ombre [Partie 2] | Convergence

  5. Et c’est vrai que le terme archiviste est incompris! Tout le monde pense qu’on vit dans une veille boite poussiéreuse! 🙂 Merci Catherine pour ton billet! J’ai hâte de lire la suite!

  6. Je suis parfaitement d’accord avec vous: le problème n’est pas l’appellation. Depuis 25 ans que je suis archiviste, et qu’on ait le titre de gestionnaire de documents ou d’archiviste, pour la plupart des gens ça demeure un métier inconnu qu’il faut expliquer régulièrement. Il est vrai qu’en tant qu’individu nous pouvons contribuer quelque peu à une meilleure connaissance de ce que nous sommes. Mais je crois aussi qu’il faut agir en tant que groupe ce qui permet une plus grande visibilité et une plus grande force d’action aussi.

    • 100% d’accord avec vous: la force du groupe est essentielle pour la promotion de la profession. Merci pour votre commentaire.

  7. Je pense qu’il a une méconnaissance généralisée de tous les métiers en lien avec la documentation. Personnellement, je suis technicienne en documentation et tout au long de mes études, j’ai eu à expliquer les tâches d’un(e) technicien(ne) et les possibilités d’emploi. Par contre, il semble y avoir une certaine évolution, car il y a eu une vague d’inscription pour les années suivant ma cohorte (2011-2014 et 2012-2015) au Cégep Garneau. Il ne faut pas perdre espoir!

    • Merci Judith pour ton commentaire. En effet, il y a de l’espoir, puisque de plus en plus de gens en parlent et réfléchissent aux différentes stratégies de promotion pour la profession !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s