Événement/Danse

Les gestes des archivistes

Les gestes des archivistes

Pourquoi les gestes des archivistes ?

Ces dix dernières années, j’ai travaillé en collaboration avec des théâtres et des compagnies de danse pour des projets artistiques ou pédagogiques.

J’ai obtenu un doctorat de recherche en danse à l’université de Nice en 2010. Je m’intéresse à ce que la danse peut apporter dans plusieurs espaces sociaux.

Après mon doctorat, j’ai côtoyé les archivistes, et j’ai beaucoup appris par eux. Les archivistes (du secrétaire de bureau au consultant, jusqu’au technicien et au professionnel des centres d’archives, etc.) me semblent des gardiens discrets de la création et de l’exploitation des connaissances qui seront nos traces et nos mémoires.

J’ai donc choisi de me former pour devenir archiviste. Et progressivement, mes projets en danse se sont focalisés sur la mise en valeur des archives par la danse.

Aujourd’hui, je voudrais collaborer avec d’autres archivistes dans un projet chorégraphique « Les gestes des archivistes ». Ce projet à pour objectif de valoriser les relations entre les documents et la société, et la manière singulière de chacun de concevoir des connaissances.

La danse est l’art du corps en mouvement. Les différentes techniques corporelles permettent à la personne qui les pratique de se concentrer sur sa manière de traverser un espace, de respirer, d’exprimer une idée ou une émotion par une séquence de mouvements. Prendre conscience de son corps est aussi une manière de s’apercevoir de toutes les petites actions que nous faisons à chaque instant, au bureau ou dans un magasin, pendant un rendez-vous, pendant le traitement d’un fonds, mais aussi en relation avec des bases de données, et en relation avec des usagers et des producteurs. Se concentrer sur son corps permet de mettre en évidence la partie la plus humaine et moins maîtrisable de notre métier, mais qui nuance toutes nos actions. Les gestes des archivistes explorera cette partie intime et en même temps concrète de notre profession.

Ce projet se manifeste par la création de deux ateliers animés et dirigés autour de deux aspects : la mémoire des archivistes et la danse des archivistes. Les gestes des archivistes propose donc une expérience ludique pour parler de l’actualité des métiers archivistiques réunissant des groupes d’archivistes qui racontent leur métier en dansant les gestes et les actions liés à la gestion des documents et des archives.

La mémoire des archivistes

Dans Les gestes des archivistes, on parle d’archives à travers les archivistes. Les archivistes participent à l’expérience comme des archives vivantes.

Les métiers des archives regroupent une pluralité de professions, de savoirs et de techniques. Chaque archiviste possède une mémoire quotidienne de son métier et une histoire qui l’a mené à devenir archiviste.

Au cours de ce premier atelier, le groupe de participants sera appelé à créer un dialogue et des mouvements dansés en partageant leurs connaissances des archives administratives et historiques, et surtout leurs pratiques des fonctions de gestion des documents qu’ils mettent en œuvre, jour après jour.

Chaque archiviste participant aux ateliers pourra jouer à être un corps-archives, porteur d’une mémoire singulière de son métier.

La danse des archivistes

Henri Matisse, La danse. 1910.

Henri Matisse, La danse. 1910.

Le projet est composé de deux phases :

1) Pendant les ateliers, les participants parlent de leur profession à travers leur corps.

Durant les ateliers, le groupe prend de la distance avec son travail, et chaque mouvement prend ainsi un sens différent de celui produit par les tâches journalières.

Le dialogue sur les gestes des archivistes approfondira aussi ces questions :

Est-ce que je suis bien dans mon corps pendant que je travaille ?

Est-ce que toutes mes actions sont utiles ?

Combien d’improvisation, d’efficacité et de créativité mets-je en jeu au bureau ?

Est-ce que je peux me blesser sur mes lieux de travail ?

2) Dans une deuxième phase, pour ceux qui souhaiteront les poursuivre ou les rejoindre, les ateliers deviendront des répétitions pour concevoir une chorégraphie.

Qu’est-ce que la danse peut raconter sur les archives et sur les archivistes ?

À partir de l’automne 2015, le groupe de participants créera une chorégraphie sur l’une des thématiques abordées durant les ateliers.

La chorégraphie et ses traces

La chorégraphie sur les gestes des archivistes est conçue comme une expérience ludique et en même temps réflexive, pour présenter et raconter le milieu de la gestion des documents et des archives. Les danses ne sont conservables que de manière indirecte. En effet, la danse est un art éphémère, ses captations, ses costumes et ses décors peuvent devenir des archives, mais non le fait même de danser. On l’archive pour essayer de la saisir en produisant aussi des traces qui puissent raconter l’expérience de la création, après que le spectacle a eu lieu. Pour cette raison, le groupe de participants sera invité à s’exprimer par son corps, mais aussi à laisser une trace écrite. Ces traces seront une autre manière de poursuivre le dialogue et le jeu.


Les gestes des archivistes

Deux ateliers : le 4 avril et 9 mai 2015

La Région Est de l’Association des archivistes du Québec (AAQ) vous invite aux deux ateliers sur la danse et les archives, les samedis 4 avril et 9 mai 2015. Ils seront dirigés par Mattia Scarpulla, archiviste et chercheur.

Les deux ateliers sont ouverts à tous ! On demande de s’habiller dans une tenue confortable. Les archivistes sont invités à s’amuser à créer des manières de représenter ou de figurer leur profession. Les exercices et les actions composées sont pensés pour que tout archiviste, avec son âge et son corps singulier, puisse participer.

Chaque atelier sera ponctué par trois moments : au début, les participants sont invités à une séance de mouvement dansé, enrichie par des exercices de yoga, do-in, feldenkrais etc. ; ensuite, les archivistes répondront à des questions sur leur profession en mimant les mouvements qu’ils répètent durant leur journée de travail ; par un retour sur le travail effectué, le groupe réfléchit ensuite à la manière de raconter les métiers des archives par le corps.

Nombre de places par atelier : 12.

La participation est gratuite. On peut s’inscrire à un seul atelier ou à tous les deux.

 Inscrivez-vous dès que possible par courriel à scarpullamattia@gmail.com

Date : les samedi 4 avril et 9 mai 2015
Heure : 13h00-17h00
Lieu : Salle 3142 – Pavillon Louis-Jacques Casault  CSL
1055,  avenue du Séminaire
Université Laval
Québec, QC  G1V 0A6

Une réflexion sur “Les gestes des archivistes

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