Événement/Congrès/Diffusion et mise en valeur

Retour sur le congrès 2015: l’utilisation d’archives pour un documentaire!

Dans le cadre du projet Reporteurs étudiants, mis de l’avant au congrès 2015, nos reporteurs ont eu, entre autres, à rédiger des comptes rendus de conférences. Ce compte rendu a été rédigé par Marilise Demers.


L’utilisation des archives dans le contexte d’un documentaire
Yves Bernard, producteur, réalisateur et journaliste chez Telimagin
Savary Chhem-Kieth, administrateur, recherchiste, interprète et photographe chez KHEMARA – Centre d’histoire & civilisation Khmères
Vanie Prud’homme, archiviste
Kim Routhier-Filion, instigateur du projet documentaire « Jamais sans nos enfants »

La présentation intitulée L’utilisation des archives dans le contexte d’un documentaire s’est déroulée en trois parties. Dans un premier temps, Kim Routhier-Filion, l’instigateur du projet documentaire Jamais sans nos enfants, a raconté l’histoire à l’origine du projet, c’est-à-dire la sienne et celle d’une cinquantaine d’autres personnes nées au Cambodge qui doivent leur vie à l’héroïsme des sœurs Anna et Eloise Charet. Plus précisément, en février 1975, ces deux québécoises ont fait face au chaos qui régnait dans la capitale cambodgienne, où se trouvait l’orphelinat qu’elles dirigeaient, lorsque l’armée révolutionnaire des Khmers Rouges avançait vers la ville et menaçait de la faire tomber. Elles ont réussi à amener au Québec les cinquante enfants cambodgiens qui auraient fort probablement trouvé la mort si cela n’avait été du courage et de la ténacité des sœurs Charet.

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que Monsieur Routhier-Filion a expliqué le cheminement qui l’a conduit à vouloir faire reconnaître l’héroïsme des femmes qui lui ont sauvé la vie. Tout l’auditoire a certainement remarqué le plaisir que ce dernier avait d’être là, de transmettre l’admiration portée envers ses sauveuses et de raconter comment son projet avait vu le jour grâce aux archives. En effet, son idée de départ a pu évoluer vers la réalisation d’un documentaire grâce au travail de recherche qu’il a effectué sur les médias sociaux pour retrouver d’autres survivants de ce drame cambodgien, dont Vanie Prud’homme, détentrice d’une bonne quantité d’archives en lien avec l’événement. Cette dernière, archiviste de profession, a expliqué lors de la conférence à quel point il peut être difficile de faire le tri de ses propres archives ou celles de sa famille. Madame Prud’homme a développé sur le fait qu’une personne évaluant ses archives personnelles dans une perspective culturelle doit être capable de déterminer si elles présentent une valeur historique, c’est-à-dire si elles peuvent servir à relater des faits de nature historique. Cette réflexion l’a incitée à conserver les documents amassés par sa mère et a par le fait même permis de mettre de l’avant le projet Jamais sans nos enfants. C’est effectivement en grande partie grâce aux archives détenues par Vanie Prud’homme et par Kim Routhier-Filion que la maison de production Telimagin et le réalisateur Yves Bernard ont accepté de se lancer dans la réalisation du documentaire. Les archives représentaient alors la preuve qu’il y avait matière à produire un documentaire et servaient de point de départ, de piste à creuser.

Savary Chhem-Kieth, un autre collaborateur au projet documentaire, a dans un second temps présenté l’utilisation des archives personnelles dans un contexte de mise en valeur d’ordre culturel. La démarche du Centre Khemara a été mise de l’avant pour expliquer toutes les possibilités qu’offrent les archives dans un contexte de création, mais également les contraintes qui les accompagnent. Plusieurs extraits vidéos présentés tout au long de la conférence ont permis de comprendre la valeur de archives, autant au niveau du visuel que du contenu.

Enfin, la dernière partie de la conférence a été consacrée à l’importance des archives dans le contexte de réalisation d’un documentaire, en général. Monsieur Yves Bernard a évidemment pris comme exemple le documentaire Jamais sans nos enfants pour illustrer son propos, mais il a également fait référence à d’autres projets auxquels il a étroitement collaboré. Par l’exposition de sa démarche de documentariste et de réalisateur, Monsieur Bernard a su démontrer le rôle de preuve joué par les archives dans le contexte d’un documentaire. Plus précisément, il a insisté sur le fait que les archives permettent de faire avancer les choses, par exemple lorsqu’un simple nom inscrit sur un document d’archives mène à l’enregistrement d’un témoignage changeant complètement la direction d’une production. En terminant, l’accent a été mis sur l’importance de vérifier les sources des archives, car si elles ont effectivement un poids immense sur l’avancement d’un projet en posant des bases solides, ces bases doivent cependant être véridiques. Dans le cas contraire, l’essence même du documentaire est réduite à néant.

Page Facebook du projet Jamais sans nos enfants, (Lancement d’un livre en lien avec le film, le samedi 29 août 2015 à Montréal) : https://www.facebook.com/pages/Kim-Routhier-Filion-Projet-Cambodge/173303456094823

Vidéo d’une entrevue à RDI avec les créateurs du projet Jamais sans nos enfants: https://www.youtube.com/watch?v=a6zZP7FGxt4

Site web du Centre Khemara : http://www.khem.net

 

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