Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Julien Bréard

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Archiviste / Centre hospitalier de l’université de Montréal (CHUM)


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

J’ai effectué des études universitaires en histoire dans les années 1990; un baccalauréat à l’Université de Montréal et une maîtrise à l’Université de Sherbrooke. J’ai même entamé des études doctorales que j’ai cessé après deux ans. Par la suite, j’ai effectué un certificat en gestion des documents et des archives à l’UQAM où j’ai notamment suivi les cours de Marcel Caya, de Normand Charbonneau et d’André Gareau.

Cheminement professionnel

Comme la plupart des finissants, j’ai effectué quelques contrats pour divers organismes, notamment l’Université de Sherbrooke et Hydro-Québec. Ensuite, j’ai travaillé dans le milieu municipal notamment à Boucherville et à Carignan pour ensuite obtenir mon premier emploi stable à la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu où j’avais le poste d’archiviste de la ville. Après quelques années, j’ai fait le saut dans le monde de la santé en obtenant un poste au Centre hospitalier de l’université de Montréal (CHUM), poste que j’occupe toujours depuis sept ans.

Avez-vous exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste?

Pendant mes études en histoire, j’ai effectué plusieurs contrats à titre d’assistant chercheur pour des professeurs. Ces contrats m’ont véritablement initiés avec le monde des archives historiques car l’essentiel de mes tâches étaient justement de parcourir ces archives à la recherche d’information pertinente pour les travaux de recherche de mes patrons (ex : recensements de la fin du 19e siècle, actes notariés de la Nouvelle-France, procès des années 1820-1830, etc.). Également, dans un des premiers emplois que j’avais obtenu à la suite de mon certificat, j’avais été engagé pour archiver des sites Internet dans un répertoire fort populaire au tournant des années 2000 qui s’appelait la Toile du Québec (c’était évidemment tout juste avant l’arrivée de Google…).

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

C’est mon intérêt pour l’histoire et les archives historiques qui m’ont amené à effectuer mon certificat. J’y voyais une belle façon d’y mêler mon intérêt pour l’histoire.  Toutefois, lors de mon certificat, j’ai découvert la gestion documentaire proprement dite, c’est-à-dire la gestion des documents actifs et semi-actifs avec les défis que les nouvelles technologies apportaient à ce métier (et à l’époque, on ne parlait pas encore de réseaux sociaux…).

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Quelle est votre routine habituelle?

Je n’ai pas de véritable routine, tout dépend des projets sur lesquels je travaille. Cependant, il est vrai que j’aime bien débuter mes journées (en plus de consulter mes courriels et de prendre mes messages téléphoniques) par la lecture de documents reliés à ma profession, histoire de me tenir à jour dans le domaine (ex : des textes trouvés par l’équipe des Archiveilleurs ou encore des textes de la revue Archives).

Dans l’ensemble, mes journées sont ponctuées de diverses rencontres, de formations que je donne sur notre système de GID ou encore sur les moyens pour réduire l’utilisation du papier dans les bureaux. Parfois, je travaille à l’élaboration de nouveaux outils. Par exemple, ces temps-ci, je travaille à l’élaboration de documents relatifs à des travaux de numérisation de substitution (Cadre de référence, politique, procédures). Finalement, je passe beaucoup de temps à répondre à des questions des employés relativement à la gestion documentaire (ex : quels sont les documents que je peux détruire? Comment s’y retrouver dans le plan de classification? Qu’est-ce que je peux numériser? Est-ce que vous pouvez faire le ménage dans mes classeurs à ma place…? Etc.).

Racontez-nous une journée atypique

Deux fois par année, je rencontre mes collègues des autres centres hospitaliers universitaires (CHU) et nous passons la journée à discuter de nos bons coups et de nos problèmes. Nous en profitons également pour faire circuler différentes informations reliées à la gestion documentaire. Ces rencontres sont très chargées mais tellement constructives, tout en nous permettant de bien socialiser. De plus, elles m’ont permis  de faire de très belles rencontres.

Avez-vous des anecdotes ou des situations cocasses qui vous sont arrivées au travail?

Jeune archiviste, je venais d’être embauché par la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Lorsque je fus présenté aux différents conseillers municipaux, un d’entre eux s’était exclamé, en me voyant, que dans son esprit, un archiviste ne pouvait qu’être une vieille personne avec une barbe blanche et se promenant avec le dos voûté…  Comme quoi, les archivistes ont encore du chemin à faire pour se faire reconnaître comme étant des gens tournés vers l’avenir.

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

Sans contredit, l’utilisation croissante de l’informatique au détriment du papier dans la gestion documentaire et cet aspect se fait notamment sentir de plus en plus dans mon organisme, celui-ci ayant pour objectif à moyen terme d’être un « hôpital sans papier ». À mes débuts comme archiviste, il y a une quinzaine d’années, nous pouvions avoir de multiples classeurs contenant des documents papier. Aujourd’hui, la plupart de ces classeurs ont pratiquement tous disparus. Comme je le mentionnais plus tôt, ces changements font parties de nouveaux défis que l’archiviste doit affronter. Des changements dans la manière d’appliquer l’informatique à notre métier, mais également dans la façon de convaincre les collègues (nos clients) d’utiliser ces nouvelles technologies. Combien de fois je vois encore des gens qui impriment leurs courriels et ensuite les rangent dans leur classeur…

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

En plus de lire régulièrement les textes de la revue Archives, j’assiste à une ou deux  formations par année, en plus du congrès de l’AAQ. En plus, depuis peu, j’assiste aux 5 à 7 de la section montréalaise de l’AAQ, ce qui me permet de rencontrer des collègues provenant d’univers différents du mien. Finalement, comme je le mentionnais plus tôt,  moi et mes collègues des autres CHU (Sainte-Justine, CUSM, Québec, Sherbrooke), nous nous rencontrons périodiquement afin de partager toutes sortes d’informations sur nos expériences réciproques.

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Qu’est-ce que vous voudriez partager avec quelqu’un qui désirerait entreprendre des études en archivistique?

Qu’être un archiviste, c’est s’engager dans un métier remplit de défis. Défis technologiques avec les nouvelles technologies que nous devons maîtriser et appliquer aux problèmes que nous rencontrons, mais aussi défi humain alors qu’il faut convaincre les gens, les employés, les collègues d’une bonne gestion documentaire. Sur ce dernier point, ce n’est pas toujours facile.

De plus, à un étudiant en archivistique, je dirais qu’il est normal de débuter tranquillement avec de petits contrats de quelques semaines, voire de quelques mois. Il ne faut surtout pas se décourager; ces petits contrats vont leur donner une belle expérience qui leur permettra d’obtenir quelque chose de très intéressant dans quelques années. Je leur dirais également, qu’il est très important de se fasse connaître dans le milieu archivistique québécois, notamment en participant aux 5 à 7 de leur association et en s’y impliquant bénévolement. S’ils veulent percer dans ce milieu, ils ne doivent pas rester chez eux à attendre qu’on les appelle. Ils doivent se démarquer.

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

Essentiellement, je dis que je m’assure que les gens puissent retrouver l’information (électronique ou papier) le plus rapidement possible. Que je développe des outils qui permettent de bien contrôler les documents produits et reçu par mon organisme et qui empêchent que celui-ci soit embourbé par toute cette masse d’information qui ne cesse d’augmenter.

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Leur apport est très important mais malheureusement sous-estimé. Je vois les archivistes à la fois comme des protecteurs du passé, des gardiens de la mémoire, des gens qui vont s’assurer de conserver l’information qui permettra aux sociétés de mieux connaître leur passé et donc de mieux se connaître.  Mais je les vois aussi comme des gens qui réussissent à amalgamer des notions d’informatique, de gestion, de communication afin de faire évoluer l’information et de permettre à celle-ci qu’elle soit mieux diffusée.


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

Le comité des communications désire remercier les archivistes qui se sont généreusement prêtés au jeu et notre photographe Cyndie Chouinard pour ses magnifiques photos.

 

Une réflexion sur “Vie d’archiviste : Julien Bréard

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