Congrès

Retour sur le congrès 2016 : cycle de vie et valeur de l’information!

Dans le cadre du projet Reporteurs étudiants 2016, nos reporteurs ont eu, entre autres, à rédiger des comptes rendus de conférences. Ce compte rendu a été rédigé par Maxime Roy.


Gilliane Kern, Sandra Holgado et Michel Cottin Cinquante nuances de cycle de vie : Quelles évolutions possibles ? et Robert Nahuet et Alain Roy, L’information et ses valeurs dans le monde numérique : Entre commodité et bien commun. Communications présentées au 45e congrès de l’Association des archivistes du Québec, Centre des congrès de Québec, 15 juin 2016

Cinquante nuances de cycle de vie : Quelles évolutions possibles ?

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« Qu’est-ce que le cycle de vie ? » C’est sur cette question que s’est ouverte avec beaucoup d’humour, lors de la troisième journée du Congrès, la présentation intitulée Cinquante nuances de cycle de vie : Quelles évolutions possibles ? de nos conférenciers venus du Vieux Continent.

Après une brève introduction de madame Gilliane Kern expliquant notamment comment deux (2) Français en sont venus à discuter du cycle de vie avec une Suissesse, les conférenciers ont attaqué le sujet du cycle de vie des archives et de la théorie des trois âges sous deux (2) angles différents soit :

  1. L’évolution du cycle de vie et les différents modèles de sa représentation ; et
  2. « Le cycle de vie : À quoi ça sert ? »

Tout d’abord, la réponse des congressistes, ou plutôt l’absence de réponse à la question « Parmi vous, qui a déjà lu notre article ? » a beaucoup plu aux conférenciers. Cela a permis aux conférenciers d’expliquer en détail les fondements de la théorie du cycle de vie ainsi que ses origines, le tout tel qu’écrit dans leur article portant le même nom que cette présentation.

Un point important soulevé par les conférenciers est que la notion de cycle de vie dépend entre autres du pays où nous sommes. L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, les États-Unis, la France, la Suisse, l’Australie, le Canada… Chaque pays à son propre style de gestion des archives, donc sa propre définition du cycle de vie. Toutefois, comme démontré par nos conférenciers grâce au modèle buissonnant, la base de ces définitions est sensiblement la même.

Ensuite, les conférenciers se sont dirigés vers la notion du cycle de vie à l’ère du numérique. L’arrivée des technologies de l’information a joué un grand rôle sur le cycle de vie lui-même et également sur la notion de cycle de vie, surtout au niveau de son application : comment juge-t-on la vie du document que l’on peut consulter sur un serveur institutionnel à toute heure du jour ou de la nuit ?

Un obstacle à la gestion du cycle de vie à l’ère numérique vient entre autres des législations relatives à l’archivistique présentement en vigueur. Ces lois et règlements favorisent les besoins de la société, tels que les règles sur la conservation des documents, et non la mise en place de techniques de gestion des archives. Un autre point important à retenir de la théorie des trois âges : elle a été formulée lorsque les archives papier primaient et que l’informatique n’était pas encore facilement accessible à tout le monde.

La présentation s’est terminée sur une question bien simple des conférenciers : « Parmi vous, qui va maintenant lire notre article ? » Vous pouvez le trouver à l’adresse suivante : http://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2015-2-page-37.htm.

 

L’information et ses valeurs dans le monde numérique : Entre commodité et bien commun

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Peu après la présentation de nos cousins européens, monsieur Robert Nahuet s’est avancé au micro pour la présentation L’information et ses valeurs dans le monde numérique : Entre commodité et bien commun. Monsieur Alain Roy a également participé à la préparation de cette présentation, mais il n’a pas pu être présent à Québec. La présentation a tourné autour de deux (2) points, soit :

  1. La théorie des valeurs en archivistique et l’évaluation des archives ; et
  2. L’impact de la marchandisation de l’information.

Tout d’abord, monsieur Nahuet a tenu à rappeler certains points de base sur les valeurs et l’évaluation des archives.

  1. La valeur historique ou patrimoniale donnée aux archives variera d’une personne à une autre et également selon l’emploi occupé par cette personne. Par exemple, la valeur historique d’une photographie d’un événement donnée par un historien sera différente de celle donnée par un informaticien. Toutefois, on sait déjà que, dès le début, tous les documents n’ont pas la même valeur : entre un courriel de confirmation de lunch et un procès-verbal de réunion du conseil d’administration, on peut facilement deviner quel document deviendra un document d’archives historique.
  1. Lors de l’évaluation des documents d’archives, il faut garder en mémoire qu’il est impossible de déterminer les besoins de la recherche dans 50 ans, 100 ans et même plus. On peut toutefois étudier les archives historiques de notre organisation et tenter de comprendre pourquoi ce sont des archives historiques, qu’elles sont les caractéristiques communes à ces archives historiques.
  1. Il est important de se rappeler et d’appliquer le Principe de Hans Boom (avoir le plus d’informations possibles dans le moins de documents possibles) afin d’assurer une bonne gestion de nos archives. Depuis l’arrivée du numérique, le facteur économique de la conservation des archives est de moins en moins pris en compte. Toutefois, pour une saine gestion des archives historiques, il est important de se rappeler qu’elles doivent être conservées pour l’éternité.

Après ces rappels, qui ont également servis comme introduction à la deuxième partie de la présentation, monsieur Nahuet a enchaîné avec une citation de monsieur Alfred Marshall, un économiste britannique, publiée dans son livre Principles of Economics paru en 1890 : « Knowledge is our most powerful engine of production » soit que « la connaissance est le meilleur outil de production ». Cette citation a donné le ton à la suite de la présentation, soit l’impact de la marchandisation et de la dématérialisation de l’information.

La marchandisation de l’information est lorsque l’information de nature publique devient un bien économique privé. Autrement dit, qu’une entreprise privée fasse payer les utilisateurs pour accéder à l’information contenue dans leurs serveurs alors que cette même information serait autrement offerte à tous, et ce gratuitement.

[Commentaire de l’auteur : Un exemple très récent de marchandisation de l’information est que les Archives publiques de l’Ontario mettent des dossiers de l’état civil à la disposition du public sur Ancestry.ca. http://www.archives.gov.on.ca/fr/e_records/vs_records_release_ancestry.aspx. Comme mentionné sur le site web, il est possible d’accéder gratuitement à ces archives seulement dans les salles de consultation des Archives publiques de l’Ontario et dans les bibliothèques publiques de l’Ontario. Afin de consulter ces archives sur le site web Ancestry.ca, il faut se créer un compte sur leur site web. Il y a une mention de « créer un compte gratuitement », mais si l’on veut avoir plus d’informations, il faut payer pour l’obtenir.]

En ce qui concerne la dématérialisation des archives, par exemple en rendant les archives disponibles directement sur le site web de notre institution, cela facilite la marchandisation de l’information. Même si la marchandisation des archives a des bons côtés, notamment la facilité d’accès et de reproduction de ces archives, il y a tout de même des enjeux pour les années à venir qu’il faut prendre en compte. Comment va-t-on assurer un accès aux générations futures à la culture et à la connaissance si cette culture et la connaissance sont détenues par des entreprises privées ?

Comme démontré par monsieur Nahuet avec la marchandisation et la dématérialisation de l’information, cela a amené à créer un effet pervers chez les jeunes, dans la nouvelle génération : « Si l’on ne trouve pas l’information sur le web, c’est qu’elle n’existe tout simplement pas ». Il est alors important en tant qu’archiviste d’agir comme personne-ressource pour le chercheur afin de créer un lien entre ses besoins et entre les informations contenues dans nos archives.

Pour plus d’information

Vous pouvez suivre Gilliane Kern et Michel Cottin sur Twitter : www.twitter.com/GillianeKern et www.twitter.com/MCottin.

Une copie de la présentation est disponible sur SlideShare à l’adresse suivante : http://fr.slideshare.net/AssociationAF/cinquante-nuances-de-cycle-de-vie-quelles-volutions-possibles

Le livre de monsieur Alfred Marshall est disponible à l’adresse suivante : http://www.econlib.org/library/Marshall/marP15.html

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