Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Geneviève Proulx

Chef de section, Bibliothèques et gestion intégrée des documents, Direction de la recherche et de la documentation / Commission de la construction du Québec (CCQ)


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

J’ai débuté mon baccalauréat en 1994 en littérature avec l’idée de devenir professeur au secondaire. Je me suis vite aperçue que cela ne me correspondait pas. Je me suis alors dirigée, dès l’année suivante, vers le certificat en archivistique. Malheureusement, en sortant en 1996, le contexte économique était toujours difficile et il y avait peu d’emplois pour une archiviste, surtout une n’ayant aucun diplôme complémentaire en histoire. De plus, je me considérais peu outillée pour faire face aux défis qui attendaient une archiviste professionnelle. J’ai donc décidé de compléter mon bac et me diriger ensuite vers la maîtrise en bibliothéconomie et sciences de l’information, avec la spécialisation en archivistique.

Cheminement professionnel

En 1999, année où j’ai complété la maîtrise, on offrait peu d’emplois permanents. J’ai obtenu quelques contrats en archivistique, qui variaient de 3 à 12 mois dont le plus important avec la Bibliothèque nationale du Québec. Par la suite, j’ai obtenu un emploi permanent comme bibliothécaire spécialisée dans les enjeux relatifs à la gestion des ressources électroniques à l’Université de Montréal. J’ai travaillé dans ce domaine pendant près de 8 ans. Puis, en 2009, j’ai obtenu un poste en gestion à la Commission de la construction du Québec. J’y travaille depuis ce jour. Je suis responsable du service des archives et des bibliothèques. Pour m’appuyer dans mon mandat, je suis entourée d’une équipe formidable qui inclut une archiviste-bibliothécaire, quatre techniciens en documentation et un agent de bureau.

Avez-vous exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste?

À part bibliothécaire, je n’ai fait aucun autre métier.

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

J’ai embrassé cette profession par amour pour l’ordre, le classement et l’organisation des documents. J’aime le fait que le travail soit concret et clair. De plus, les nombreux défis que m’offre la profession me plaisent. On doit travailler en collaboration avec nos clients pour les soutenir dans la gestion de leurs documents afin de leur faire économiser temps et argent, tout en respectant les lois et les principes de notre métier, ce qui assure une objectivité et une uniformité dans le travail à accomplir.

Quelle est votre routine habituelle?

Mon quotidien se résume, en général, par le suivi des dossiers en cours (révision de processus, réduction des coûts et des espaces d’entreposage, numérisation, etc.), la préparation de réunions avec des clients ou la haute direction, l’approbation d’analyses remises par mon équipe, la planification du travail à effectuer pour les prochaines semaines ou mois et, bien entendu, la gestion de l’équipe (organisation du travail, relation de travail, absences, etc.).

Racontez-nous une journée atypique

Pour moi, une journée atypique se produit lorsqu’une situation requiert l’annulation de mes activités régulières et me demande de me concentrer sur celle-ci. Il s’agit généralement d’un problème important qui survient ou d’une demande urgence de la part de la haute direction. Un exemple concret fut le jour où un membre de mon équipe s’est aperçu qu’une étagère du centre de conservation menaçait de s’écrouler. J’ai annulé toutes mes activités pour travailler à stabiliser rapidement l’étagère fragile et assurer la sécurité de mon équipe.

Avez-vous des anecdotes ou des situations cocasses qui vous sont arrivées au travail?

Dès le début de mon certificat, en 1995, je me souviens qu’on nous parlait de la société sans papier, que tout document serait électronique en l’an 2000. Or, les nouvelles technologies n’ont fait que faciliter la quantité de documents à imprimer. Il y en a encore plus à classer et à conserver qu’avant!

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

De nombreux changements et des évolutions importantes pour notre profession sont en route. En plus de l’intégration de la gestion des documents électroniques à notre mandat, les relations transversales que nous entretenons avec nos principaux partenaires nous ont permis de mieux comprendre les divers enjeux vécus par notre employeur, tels la planification stratégique, la gestion des risques et les indicateurs de performance. Le besoin de vulgariser nos processus et comprendre ceux des autres nous ont permis de nous positionner avantageusement auprès de la haute direction et d’assurer notre soutien dans leurs différentes activités.

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

Pour maintenir mes connaissances à jour, je poursuis mes lectures sur l’évolution de notre profession et les enjeux vécus par mes confrères et consœurs. De plus, j’entretiens des liens avec mon réseau de contacts, je participe à des colloques et des conférences spécialisés dans notre domaine (Association des archivistes du Québec, Congrès des milieux documentaires, etc.) mais aussi des domaines complémentaires à notre travail, tel que le droit ou les technologies de l’information.

Qu’est-ce que vous voudriez partager avec quelqu’un qui désirerait entreprendre des études en archivistique?

Pour moi, l’archivistique est une profession qui requiert d’être toujours à l’affût des technologies à venir et des besoins des clients. Pour moi, il faut être bien organisé et en mesure de bien communiquer nos activités. Il est important de prendre le temps nécessaire pour bien comprendre les enjeux, obligations et besoins de mes clients et trouver des solutions adaptées qui respectent le cadre de nos obligations respectives.

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

En général, je décris le travail d’un archiviste comme étant le spécialiste du contrôle de la masse documentaire, de l’organisation et de la conservation des documents, surtout avec la multiplication des formats de documents, le défi est de taille!

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Dans une société d’information telle que la nôtre, surtout avec les nouvelles technologies à notre disposition, la masse documentaire ne fait qu’augmenter, amenant avec elle les enjeux de perte de documents, de multiplication inutile, de bruit lors de recherche d’information, d’augmentation de coûts administratifs et juridiques et d’inefficience dans nos entreprises.  Le travail de l’archiviste est plus que jamais nécessaire pour soutenir le travail de nos clients, rendre nos entreprises performantes et réduire notre empreinte écologique!


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

2 réflexions sur “Vie d’archiviste : Geneviève Proulx

  1. Je vous remerci pour CE beau partage, ca va m’aider a avoir plus d’amour pour le metier.

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