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Gestion documentaire en Haïti : Entrevue avec Maude Doyon

Propos recueillis par Maxime Roy

Dans le cadre du projet Reporteurs étudiants 2016, nos reporteurs ont eu, entre autres, à réaliser des entrevues avec des conférenciers(ères) invité(e)s. Voici la deuxième d’une série de trois entrevues.

Maude Doyon et Maxime Roy

Maude Doyon et Maxime Roy

Le 14 juin dernier, notre reporter étudiant Maxime Roy s’est entretenu avec Maude Doyon, archiviste responsable de la numérisation et de l’entreposage des documents à la Ville de Québec. Au cours des dernières années, elle a œuvré au sein de divers organismes parapublics, ce qui lui a permis de consolider son expertise à plusieurs niveaux. Elle a également participé à des projets tels la Commission Bastarache et a été mandatée à titre d’experte pour la primature du gouvernement haïtien afin de les doter d’un cadre de gestion de l’information. C’est ce projet, officiellement connu sous le titre « Projet d’appui au renforcement de la gestion publique en Haïti » (PARGEP), qui a retenu notre attention pour la réalisation de cette entrevue.

Avant de discuter de ce projet, nous avons demandé à Maude Doyon de nous décrire sa carrière professionnelle, et de son parcours académique et professionnel, et de parler de ce qui l’avait amenée à une carrière dans le domaine de l’archivistique.

La discussion a ensuite porté sur le projet PARGEP afin d’obtenir plus d’informations sur les instigateurs du projet et les raisons qui ont mené à sa création. Maude Doyon nous a ensuite expliqué son rôle au sein de ce projet et nous a décrit une journée type. La discussion a continué sur ce que sa contribution à ce projet lui a apporté, tant sur le plan professionnel que personnel.

« On sentait vraiment la volonté, mais au niveau de la capacité, c’est dur parce que ça laisse des marques, un tremblement de terre. À titre d’exemple, les gens, pour sauver les documents, ils ont pris des conteneurs pour les remplir. Et là, tu te dis, à moyen et long terme, il faut faire quelque chose. Ils ont vidé les bureaux à la hâte, il y a eu des vols, tout le reste a été sorti, mais il y a beaucoup de documents qui ont été perdus. (…) Les postes informatiques, on oubli ça (…) En se reconstruisant, il va falloir penser à se doter d’une infrastructure plus résistante, ou des mesures pour permettre de préserver leurs informations. »

Pour terminer, Maude Doyon nous a expliqué la différence entre la gestion des archives en Haïti et au Québec, tant au niveau de la perception des archives pour la société en général que les défis à relever pour leur conservation dû au climat tropical. De plus, Maude Doyon nous a raconté quelques anecdotes intéressantes sur les différences entre les méthodes de travail au Québec et en Haïti.

« Pour nous, au Québec, les archives sont très définies. Par contre en Haïti, tout ce qui est produit et reçu, c’est des archives pour eux. On se retrouve avec une masse de documents, incapable de rien trouver. Ils n’ont pas de mécanismes pour les gérer : calendrier, plan. Cela pose des problèmes de repérage et de gestion. Pour eux, le cycle de vie est inexistant. (…) On leur a présenté le modèle Québécois, et pour eux, c’est une révolution. (…) Ils agissent en aval, et en aval, c’est trop tard. (…) En se positionnant à la remorque, il est difficile d’avoir une stratégie ».

Pour plus d’informations sur le PARGEP : site web de l’École nationale d’administration publique :   http://international.enap.ca/6473/Description-sommaire.enap.

 

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