Congrès

Les archives au cœur des relations internationales

Dans le cadre du projet Reporteurs étudiants 2018, nos reporteurs ont eu, entre autres, à rédiger des comptes rendus de conférences. Ce compte rendu a été rédigé par Léandre Alain.

Conférence : Les archives au cœur de relations internationales

Conférenciers : Anders Sjöman, Cédric Champagne et Normand Charbonneau

Les archives sont des ressources universelles. On les retrouve partout, et elles sont depuis toujours les témoins de l’activité humaine. Bien que les contextes de création et de gestion diffèrent d’une place à l’autre, le rôle des archives reste similaire. Les archives possèdent une valeur de témoignage avérée, et permettent, au final, de connaître l’empreinte et la mouvance d’une société.

L’archiviste détient alors une responsabilité singulière et unitaire, puisqu’il est confronté à un champ d’expertise distinct. Toutefois, puisque les origines des archives sont multiples, et qu’on les retrouve partout, l’archiviste doit être polyvalent et multidisciplinaire dans sa démarche. Il n’est donc pas ancré seulement sur ses fonctions traditionnelles. L’archiviste est avant tout médiateur d’information, et ses responsabilités peuvent parfois s’étendre au-delà de son espace immédiat. Ses compétences peuvent certainement trouver écho dans une perspective de développement et de collaboration élargie.

C’est dans cette optique, sur la façon de gérer les archives, que s’est penché le groupe de discussion de la conférence. Plus précisément, il a été question de soulever la place des archives dans les relations internationales. Quel est l’apport des différents réseaux internationaux au sein des milieux archivistiques, et inversement, quel est l’impact des archives sur le développement des relations entre nations.

La portée pratique des relations internationales

Dès les premières minutes de la conférence, nous avons compris qu’au niveau national, les organisations et les associations ont tout à gagner à élargir leur perspective et à porter leur regard ailleurs. Car chaque cas est différent, et les moyens et pratiques vont diverger d’une place à l’autre. Que ce soit pour confronter leur façon de faire, pour renforcer l’expertise et les compétences de leurs membres, ou simplement pour forger des liaisons collaboratives, les institutions nationales doivent s’ouvrir sur le monde. Cet intérêt devient encore plus pertinent dans l’optique où les moyens pour y arriver sont souvent déjà acquis. Il s’agit alors de puiser dans l’existence même de l’organisme, dans son histoire, pour faire briller son éclat à l’international. Pour Anders Sjöman, responsable des communications pour le Center for Business History de Stockholm, on parle alors de « history marketing », de l’utilisation de l’histoire comme un levier pour le développement futur. On fait donc la promotion des missions et des objectifs de l’organisation, ainsi que sa trajectoire passée et future.

D’un point de vue archivistique, les centres de conservation et de gestion d’archives doivent parfois faire face à des contraintes réelles. Les limites de temps, d’argent et les divergences d’opinions freinent le déploiement de projets. Pour pallier à ces problèmes, l’entraide est de mise. Bien que les liens entre institutions semblent bien ancrés au plan national, le milieu archivistique doit assurer sa pérennité au niveau international. Et c’est exactement ce point qui est soutenu par les conférenciers. Pour y arriver, la participation aux conférences internationales permet non seulement d’acquérir de nouvelles connaissances, mais également d’accroitre et de consolider un réseau d’intervenants variés. Dans ce cadre, le renforcement des relations entre associations professionnelles est un atout majeur qui facilite les échanges et qui oriente le transfert d’information vers les membres, à l’échelle mondiale. Acquises par la socialisation professionnelle, ces valeurs et connaissances orientent ainsi les décisions dans le quotidien.

L’impact concret des archives

Par le développement des liaisons et des collaborations avec les organisations internationales, les institutions peuvent donc faire progresser des dossiers stratégiques, contribuer au partage de connaissances et mettre en commun un ensemble de bonnes pratiques. En investissant dans une présence soutenue sur la scène internationale, les milieux archivistiques peuvent accroître leur notoriété. Il est certain que cela favorise la diffusion des pratiques archivistiques des nations, et contribue à leur rayonnement.

Pour ce qui est du cas spécifiquement national, les conférenciers sont unanimes. La façon dont nous gérons nos archives, par transparence et honnêteté, en laisse beaucoup savoir sur notre société. Car le constat est clair. Toujours selon les experts, les autres ont soif d’apprendre du Canada. Il est donc impératif d’identifier les lignes directrices de l’installation à l’international, et de permettre une macro-évaluation. La tendance de repli sur soi ne fonctionne pas, et il est nécessaire d’aller de l’avant. Cette pratique permet dès lors de s’enrichir à double sens, au niveau théorique et institutionnel.

L’utilisation des archives même peut faciliter l’ouverture sur le monde. Car tel que mentionné, les archives sont sources universelles de connaissances. Elles sont des produits de communications et de réflexions. Par leur raison d’être, elles initient le partage. Le numérique devient alors un lieu de rencontre pour discuter, et les archives en sont les vecteurs.

La mondialisation des marchés, et le développement des entreprises à ce niveau, représentent des défis de taille en matière de gestion de l’information. Les services d’archives des entreprises doivent donc favoriser une coopération internationale accrue afin d’améliorer leurs processus d’affaires, et de préserver leur mémoire. Ils doivent puiser à même leur histoire pour y arriver, puisque c’est leur façon de faire qui les distingue vraiment. Qu’il s’agisse de renforcer l’expertise de ses membres ou de comparer les techniques, le milieu archivistique a tout à gagner à s’ouvrir sur le monde. Dans une perspective pratique, les archives assurent en partie les échanges et les partages entre nations. Par leurs valeurs de témoignage, combinés aux possibilités du numérique, les archives permettent aux institutions d’échanger et de réfléchir sur un terrain commun. La diplomatie culturelle doit donc viser loin. Elle ne doit pas se calculer en fonction des apports et des coûts qu’elle peut engendrer, mais bien par les opportunités qu’elle peut créer.

Une réflexion sur “Les archives au cœur des relations internationales

  1. J’ai beaucoup aimé cette publication, j’en ai tiré plein d’information et d’enseignement. Merci

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