Congrès

Le cul-de-sac archivistique : Organisons-nous!

Dans le cadre du projet Reporteurs étudiants 2018, nos reporteurs ont eu, entre autres, à rédiger des comptes rendus de conférences. Ce compte rendu a été rédigé par Léandre Alain.

Conférence : Le cul-de-sac archivistique : organisons-nous!

Conférenciers : Catherine Dugas, Laure Amélie Guitard et Jérôme Bégin.

Efficace et discret, voilà les deux plus grandes qualités de l’archiviste. L’expert en gestion documentaire doit être à la fois polyvalent et sage. Il doit savoir danser à travers la multiplication des fonctions et des spécialisations. Cependant, ces deux grandes qualités sont aussi ses failles. Par la nature même de sa profession, ses aptitudes exigent une constance et une rentabilité dans sa démarche. Sa visibilité doit donc être totale, puisqu’il doit travailler en amont. Il doit, avant toute chose, assurer le perfectionnement des processus organisationnels.

C’est dans cette impulsion qu’a été présentée la conférence. Par son titre révélateur, elle mettait l’accent sur un questionnement soulevé par plusieurs : quelle est la place de l’archiviste, et quel est son rôle ultime dans la composition professionnelle de son milieu? Une anti-conférence, donc, empreinte de partages, où chacun pouvait échanger et présenter ses idées.

L’archiviste pédagogue

Outre son expertise en gestion documentaire, l’archiviste se démarque des autres spécialistes par son adaptation. C’est sa capacité à accompagner le changement, dans l’élaboration ou le déploiement de projets, qui légitimise véritablement sa profession. Pour Laure Amélie Guitard, spécialiste en science de l’information, il s’agit alors d’une aptitude de pédagogie, d’un travail de formation auprès de son public cible. Un archiviste œuvrant dans un service d’archives devra alors composer avec les demandes et requêtes du public, tout en assurant une saine gestion des archives versées. Dans la même lignée, le professionnel en gestion documentaire d’une entreprise devra développer des liens pour couvrir l’ensemble des unités et des départements de l’institution.

Dans les deux cas, c’est bel et bien la disposition de vulgarisation qui prime. L’archiviste doit se faire comprendre. Autant pour assurer le fonctionnement du système de gestion documentaire, que pour valoriser sa profession. Car la difficulté persiste. Il est ardu d’expliquer à un non-initié du domaine la tâche de l’archiviste. Il faut ainsi accorder une place importante aux réalités, et établir des constats avec le travail tangible réalisé. L’archiviste détient alors une fonction de formateur d’une part, et une responsabilité d’accompagnateur de l’autre. Parce que former des usagers qualifiés n’est pas la seule considération de l’archiviste. Il est essentiel de suivre le changement, pour ainsi pallier aux difficultés potentielles. Pour Jérôme Bégin, directeur à la Division de la Gestion des documents et des archives de la Ville de Québec (DGDA), l’archiviste doit avant tout valoriser son client, plutôt que son « produit » usuel, soit ses archives. Il doit s’assurer que ses usagers jouissent d’un service impeccable. C’est de cette manière que le lien de confiance peut régner. Pour y arriver, un accompagnement étroit avec ces derniers est de mise.

L’archiviste détient donc véritablement une responsabilité de communication. Le mythe de réclusion, du démystificateur d’archives, érudit niché dans sa tour d’ivoire, est loin de la réalité actuelle. Les archives elles-mêmes ne sont plus ce qu’elles étaient autrefois. Jadis entreposées dans des lieux sombres et poussiéreux, elles sont maintenant des objets vivants, témoins de l’activité humaine et sociétale. La tâche de l’archiviste réside ainsi dans cette optique de promotion. Il doit faire valoir la portée de son expertise, par l’entremise de ses clients et de ses archives. Son avenir n’est donc pas compromis. Bien au contraire, les besoins organisationnels sont palpables un peu partout. Il doit cependant s’interroger sur son changement de rôle. De gestionnaire de documents, intermédiaire entre les usagers et les documents, il doit devenir médiateur d’information. Ses fonctions vont alors toucher la médiation entre les usagers, et les ressources informationnelles élaborées et diffusées.

L’archiviste est parfois dissimulé par son institution. Cette réalité amène certainement un questionnement sur sa place et son rôle au sein de celle-ci. Pour les conférenciers, il est donc de son devoir de sortir et de se faire connaître. Que ce soit dans son milieu immédiat, dans la sphère publique, ou dans les associations professionnelles convergentes, il a tout à gagner à garantir sa visibilité. Les valeurs de travail ne sont-elles pas acquises, par la même occasion, par la socialisation professionnelle de l’expert? Car avant d’être efficace en gestion documentaire, l’archiviste doit s’assurer d’être un bon communicateur. Il doit être le pédagogue de son milieu et accompagner les utilisateurs dans le déploiement de projets. Sans cette pédagogie, il serait certainement impossible de faire connaître le discours archivistique. Pour y arriver, il peut miser sur des stratégies de visibilité, et devenir l’ambassadeur de l’archivistique de son organisation. Il revêt alors le manteau de l’archiviste passionné, celui qui parle et qui transmet sa passion. Et cela, par la même occasion, devient sa pédagogie, son moyen de se faire comprendre, et son étendard permettant de s’épanouir entièrement.

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