Vie d'archiviste

Vie d’Archiviste – nouveaux diplômés spécial rentrée : Geneviève Beaudry

Par Catherine Picard, Représentante des membres étudiants de l’Association des archivistes du Québec

Comme certains d’entre vous se souviendront, une activité Vie d’archiviste pour public étudiant avait été organisée ce printemps par la représentation étudiante de l’AAQ et devait se tenir au Pub l’Île Noire de Montréal le 30 mars dernier. Coronavirus, pandémie et confinement obligent, l’événement a évidemment dû être annulé, et ce quelques jours à peine avant la date prévue de sa tenue. Qu’à cela ne tienne! Des entrevues ont tout de même été conduites (à distance, bien sûr!) avec les trois archivistes récemment diplômés de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’UdeM qui devaient être présentés ce soir-là. Voici donc ce qu’ils avaient à nous dire sur leurs parcours académiques et professionnels, n’hésitant pas à partager un peu de leur expérience et de leur sagesse au bénéfice des archivistes en devenir.

Cette semaine, nous allons à la rencontre de Geneviève Beaudry, archiviste, Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université McGill

***

C.P. – Pour commencer, décrivez-nous brièvement le travail que vous occupez actuellement ou, le cas échéant, ceux que vous avez occupés depuis l’obtention de votre diplôme. Quelles sont vos tâches et responsabilités principales ?

G.B. – 1er emploi : Université de Montréal, bibliothèque de musique. Mon titre était bibliothécaire surnuméraire mais, en fait, j’ai été embauchée pour faire le prétraitement d’un fonds d’archives acquis par la faculté de musique et géré par la direction des bibliothèques. L’expertise en archives historiques se trouvant, à l’UdeM, exclusivement à la Division de gestion de documents et des archives, ils cherchaient une bibliothécaire ayant des bases en archivistique et une connaissance de la musique, ce qui est mon cas. En effet, le fonds était celui d’un critique musical. Ma connaissance du milieu musical m’a été d’une grande utilité, ainsi que mes connaissances acquises tout au long de ma maîtrise.

C.P. – Est-ce que votre cheminement a suivi une trajectoire directe ou plutôt jonchée de détours ? Parlez-nous un peu de votre parcours académique.

Geneviève Beaudry, archiviste, Bibliothèque des livres rares et collections spéciales, Université McGill

G.B. – J’ai bifurqué vers les sciences de l’information assez tard, après une carrière d’environ 25 ans de musicienne d’orchestre. Ma première formation est donc en musique (je suis violoniste); j’ai étudié au Conservatoire de musique de Montréal et, en Europe, à l’Utrechts Conservatorium (Pays-Bas) et à l’Accedemia Chigiana (Italie). Puis, j’ai combiné études et travail : j’ai fait ma maîtrise à l’EBSI à temps partiel sur trois ans, tout en continuant de gagner ma vie comme violoniste. Depuis mes études à l’EBSI, ma situation a évolué très rapidement et favorablement. J’ai obtenu mon premier contrat à l’UdeM au moment où je commençais mon stage (Université McGill).

C.P. – À quel moment de votre parcours en sciences de l’information avez-vous décidé de vous spécialiser en archivistique ? Qu’est-ce qui a orienté votre choix ?

G.B. – C’est un peu par hasard, je dois dire. On m’a proposé de faire du bénévolat pour donner un coup de main à la DGDA. Il s’agissait d’évaluer le fonds d’un artiste visuel dont la pratique est très liée à la musique. J’ai donc été approchée à cause de ma première spécialisation. Ç’a été tout de suite évident pour moi, un peu comme si ça confirmait et donnait tout leur sens à mes apprentissages à la maîtrise. Je me sens tellement à ma place, surtout en archives historiques, que je me demande un peu pourquoi je ne me suis pas rendu compte de ça plus tôt !

C.P. – Avez-vous choisi des cours majoritairement axés sur ce domaine ou avez-vous aussi exploré d’autres avenues ?

G.B. – À partir du moment où j’ai réalisé que les archives m’intéressaient, j’ai un peu insisté sur les cours en archivistique, mais je me suis aussi assurée que ma formation était large et généraliste, en prévision de la recherche d’emploi. À mon âge, je me disais qu’il valait mieux être équipée sur plusieurs fronts. De plus, ma première formation en musique classique est déjà tellement spécialisée. J’ai préféré élargir mes horizons.

C.P. – Avec le recul, à quel point croyez-vous que les choix que vous avez faits quant à votre parcours académique ont eu un impact sur votre arrivée sur le marché du travail ? Est-ce qu’il y a des choses que vous feriez différemment ?

G.B. – Premier constat : si j’avais su à quel point je me sens bien dans ce milieu, j’aurais bifurqué plus tôt. Mais la musique est une façon de vivre, presque une identité, et s’en détourner n’a pas été spontané. Sinon, je suis globalement satisfaite de mes choix, si ce n’est que j’espère continuer d’apprendre : j’espère qu’il y aura moyen pour moi d’avoir le temps de suivre quelques cours ici et là, à l’EBSI ou ailleurs.

C.P. – Le programme de maîtrise professionnelle offert par l’EBSI prévoit un stage en milieu professionnel obligatoire en fin de parcours. Comment cela s’est-il passé pour vous ? Parlez-nous de votre expérience.

G.B. – Le stage a été déterminant pour moi. Il avait été très bien planifié (toute ma gratitude à Frédéric Giuliano !), j’ai exploré plusieurs services à McGill. J’ai pu avoir une excellente vue d’ensemble du milieu universitaire et de la façon dont peuvent s’articuler archives et bibliothèques. La supervision y a été très stimulante. J’ai terminé mon stage en me sentant prête pour le milieu professionnel.

C.P. – Y a-t-il des éléments qui vous ont surprise pendant votre stage, que ce soit par rapport à son déroulement, à la profession ou encore au milieu professionnel dans lequel vous vous êtes retrouvée ?

G.B. – Oui, j’ai été surprise par la collégialité qui règne généralement à McGill. C’est une culture d’entreprise très (très !) différente du milieu musical où tout est extrêmement hiérarchisé, particulièrement lorsqu’on est travailleur autonome, ce qui était mon cas.

C.P. – Maintenant, parlons un peu de votre arrivée sur le marché du travail. Comment s’est passée votre recherche d’emploi ?

G.B. – Jusqu’à maintenant, les emplois ont été de courts contrats (6 et 5 mois), mais ils se sont succédé sans interruption. Je crois avoir été très chanceuse. Cela dit, ayant été travailleuse autonome toute ma vie, je ne crains aucunement les contrats temporaires et je crois que ça m’avantage en entrevue. Je ne vois pas ces étapes temporaires comme des compromis, mais bien comme des opportunités d’apprentissage.

C.P. – Avez-vous des trucs ou conseils à offrir aux étudiants et futurs diplômés quant à la recherche d’emploi ? (Sites Web, employeurs, attitudes, etc.)

G.B. – Je crois que le mot-clé est ouverture d’esprit. Si on a des objectifs très précis, la cible est plus difficile à atteindre. Je ne veux pas dire par là qu’il ne faut pas chercher le type de poste qui nous convient parfaitement. Cependant, je crois qu’il est important de ne pas oublier qu’il y a peut-être des étapes intermédiaires à franchir entre la diplomation et celui-ci.

C.P. – Quels défis vous attendaient à votre arrivée en milieu professionnel et de quelle façon les avez-vous surmontés ?

G.B. – Je crois que l’autonomie attendue d’un professionnel m’a un peu surprise au début. C’est probablement une déformation professionnelle de musicienne d’orchestre. Un musicien d’orchestre a très peu d’initiative, particulièrement dans le cas des instrumentistes à cordes; il faut se fondre dans le groupe et surtout ne pas se faire remarquer. Ça a donc été une adaptation pour moi, mais je l’ai vécue de façon plutôt positive.

C.P. – Pour finir, quel est l’élément de votre travail ou de la profession archivistique en général qui nourrit le plus votre motivation ?

G.B. – La découverte. En milieu universitaire, la référence est un peu comme un travail de détective. J’ai la très agréable impression d’être payée pour être curieuse. L’organisation de l’information est également toujours à réinventer, parce que les différents aspects de ma tâche sont tellement variés. Le poste que j’occupe en ce moment combine le bon côté d’un emploi régulier, accompagné de la satisfaction de la découverte.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s