Vie d'archiviste

Vie d’Archiviste – nouveaux diplômés spécial rentrée : Youri Chartrand

Par Catherine Picard, Représentante des membres étudiants de l’Association des archivistes du Québec

Comme certains d’entre vous se souviendront, une activité Vie d’archiviste pour public étudiant avait été organisée ce printemps par la représentation étudiante de l’AAQ et devait se tenir au Pub l’Île Noire de Montréal le 30 mars dernier. Coronavirus, pandémie et confinement obligent, l’événement a évidemment dû être annulé, et ce quelques jours à peine avant la date prévue de sa tenue. Qu’à cela ne tienne! Des entrevues ont tout de même été conduites (à distance, bien sûr!) avec les trois archivistes récemment diplômés de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information de l’UdeM qui devaient être présentés ce soir-là. Voici donc ce qu’ils avaient à nous dire sur leurs parcours académiques et professionnels, n’hésitant pas à partager un peu de leur expérience et de leur sagesse au bénéfice des archivistes en devenir.

Cette semaine, nous allons à la rencontre de Youri Chartrand, Analyste, Gestion de l’information, Intact

***

C.P. – Pour commencer, décrivez-nous brièvement le travail que vous occupez actuellement ou, le cas échéant, ceux que vous avez occupés depuis l’obtention de votre diplôme. Quelles sont vos tâches et responsabilités principales?

Y.C. – J’occupe le poste d’Analyste, Gestion de l’information à Intact depuis novembre 2018. Mon rôle consiste à gérer un système d’information rassemblant la documentation nécessaire aux tâches opérationnelles de l’Indemnisation. Mon équipe et moi-même assistons l’ensemble du Canada. Parallèlement au maintien de cet outil, nous offrons des formations et du soutien aux créateurs de contenu pour notre plateforme numérique. Enfin, nous offrons notre expertise aux équipes souhaitant verser leur contenu afin de le rendre disponible pour l’ensemble des employés de l’Indemnisation.

C.P. – Est-ce que votre cheminement a suivi une trajectoire directe ou plutôt jonchée de détours? Parlez-nous un peu de votre parcours académique.

Y.C. – Mon parcours académique fut ponctué d’une pause de deux ans mais, dans l’ensemble, c’est un profil typique d’un étudiant en archivistique. J’ai tout d’abord complété un baccalauréat en histoire en 2012 avant de poursuivre aux études supérieures du même département (à l’Université de Montréal). C’est là que j’ai découvert les archives et, de façon plus large, l’univers des sciences de l’information.

Youri Chartrand, Analyste, Gestion de l’information, Intact

Néanmoins, il fallut l’abandon de ma maîtrise en histoire et deux ans à explorer le marché du travail avant que je décide de m’inscrire au certificat en archivistique à l’Université de Montréal à l’automne 2015. En 2016, j’ai poursuivi à la maîtrise en sciences de l’information. Depuis, je n’ai jamais regardé en arrière.

C.P. – À quel moment de votre parcours en sciences de l’information avez-vous décidé de vous spécialiser en archivistique? Qu’est-ce qui a orienté votre choix?

Y.C. – Ma décision de me spécialiser en archivistique provient d’une réflexion entamée avant le début de mes études à l’EBSI. Mon premier contact avec les archives a été à titre d’utilisateur lors de mes recherches de sources historiques quand j’étais aux études supérieures en histoire en 2013. C’est là que j’ai réalisé que mon intérêt portait davantage sur le métier d’archiviste, les activités des services d’information et les enjeux professionnels liés à l’archivistique.

C.P. – Avez-vous choisi des cours majoritairement axés sur ce domaine ou avez-vous aussi exploré d’autres avenues?

Y.C. – À la maîtrise, ayant déjà un certificat en poche, j’ai eu la chance de pouvoir assouvir ma curiosité sur des domaines connexes à l’archivistique.

Je me suis principalement intéressé à la gestion stratégique de l’information et aux systèmes d’information autre que ceux traditionnellement gérés par les centres d’archives. Cela fut payant, car ce sont des compétences que j’utilise sur une base quotidienne à mon emploi présent, en parallèle aux bonnes pratiques en archivistique.

C.P. – Avec le recul, à quel point croyez-vous que les choix que vous avez faits quant à votre parcours académique ont eu un impact sur votre arrivée sur le marché du travail? Est-ce qu’il y a des choses que vous feriez différemment?

Y.C. – Je suis un fervent croyant que nos choix (parcours académique compris) font ce que nous sommes aujourd’hui. Néanmoins, si je pouvais parler à Youri en 2009 (début de mes études universitaires), je lui donnerais comme conseil de peut-être faire une majeure jumelée à un certificat en archivistique (ou en gestion de l’information numérique!), sachant désormais que, dans mon cas, l’histoire était un domaine d’intérêt davantage qu’une aspiration professionnelle.

C.P. – Le programme de maîtrise professionnelle offert par l’EBSI prévoit un stage en milieu professionnel obligatoire en fin de parcours. Comment cela s’est-il passé pour vous? Parlez-nous de votre expérience.

Y.C. – Avant le stage de maîtrise, j’ai eu la chance de jumeler mes études à plusieurs contrats étudiants liés à l’archivistique. Je conseille vivement cette stratégie à tout étudiant en sciences de l’information.

Pour ce qui est de mon stage de fin de parcours, j’en retire plusieurs leçons. Tout d’abord, l’importance de bien communiquer. On ne se le répétera jamais assez. Dans mon cas, mon stage a eu beaucoup d’imprévus et j’ai trouvé cela intéressant, car le milieu universitaire nous encadre énormément. Dans une situation réelle non paramétrée pour les atteintes d’objectifs d’un cours, ça peut être encadré, oui, mais dans certaines situations, il faut faire preuve d’autonomie et de débrouillardise. Dans le même ordre d’idée, plus l’organisation est grande, plus les activités sont complexes et la culture organisationnelle peut demander un certain temps avant de bien saisir les rouages, temps qui n’est pas possible d’espérer avec la période donnée pour le stage.

Enfin, ayant déjà eu plusieurs emplois dans des organisations de taille modeste, je voulais vivre mon stage dans une grande entreprise. Mon expérience m’a confirmé qu’un réseau complexe avec des enjeux à différents niveaux était un environnement stimulant et qui adhérait à mes objectifs de carrière.

C.P. – Y a-t-il des éléments qui vous ont surpris pendant votre stage, que ce soit par rapport à son déroulement, à la profession ou encore au milieu professionnel dans lequel vous vous êtes retrouvé?

Y.C. – À mon milieu de stage, chaque employé de l’équipe en gestion documentaire était impliqué dans le milieu professionnel, que ce soit sur le plan éducatif ou associatif. Ça m’a marqué et inspiré pour la suite de mon parcours.

Également, j’ai tiré une leçon sur les relations de travail qui me semble évidente aujourd’hui, mais qui l’était moins à l’époque. L’aspect hiérarchique ne m’avait pas été présenté comme important et j’ai froissé quelques plumes au passage, mais c’est un apprentissage qui m’a été très utile par la suite.

À la toute fin de mon stage, j’ai dû défendre mon projet au gestionnaire en chef du service. Ce fut un exercice qui a exigé de développer des habiletés pour ce type de rencontre et je crois que cela m’a grandement aidé par la suite.

C.P. – Maintenant, parlons un peu de votre arrivée sur le marché du travail. Comment s’est passée votre recherche d’emploi?

Y.C. – Ayant une idée assez définie de l’emploi que je voulais décrocher à la fin de mes études, j’ai encadré mes recherches en fonction de ceux-ci. Cela a limité mes possibilités d’embauche, mais il est important de se connaître et de savoir où on veut travailler. J’ai consulté la coordonnatrice de stages de l’EBSI, Isabelle Dion, pour savoir quand il fallait débuter ses recherches à titre de finissant. Il faut débuter avant la fin de sa dernière session.

Pour ma part, j’ai commencé l’aventure de la recherche d’un emploi en février 2018 et j’ai décroché un contrat qui m’intéressait en août de la même année avant de finalement trouver le poste que j’occupe encore aujourd’hui, en novembre 2018. Il faut prendre en considération l’état du marché du travail et faire preuve de résilience si on est dans une période creuse.

C.P. – Avez-vous des trucs ou conseils à offrir aux étudiants et futurs diplômés quant à la recherche d’emploi? (Sites Web, employeurs, attitudes, etc.)

Y.C. – Pour les sites Web, je recommande d’utiliser les plateformes de réseautage professionnelles (LinkedIn, Indeed, etc.), les sites d’organismes publics ainsi que ceux des associations professionnelles. Si vous n’avez pas d’expérience en archivistique, penser à faire du bénévolat en parallèle à votre recherche d’emploi : cela permet de développer vos compétences et votre réseau! Si vous doutez de vos compétences technologiques, il y a une foule de sites d’apprentissage en ligne qui n’attendent que vous. De plus, il y a une foule de ressources en ligne pour vous préparer à une entrevue.

Durant ma recherche d’emploi, j’ai fait l’erreur de débuter une procédure d’embauche pour un organisme pour lequel je ne voulais pas travailler, mais à défaut d’avoir autre chose, j’ai consenti à me soumettre au processus. Ce fut pénible. Donc, si vous savez d’avance que vous ne voulez pas travailler pour un employeur donné, ne postulez pas. Même si, en ce moment, c’est le seul qui semble embaucher.

Pour ce qui est de l’attitude, rechercher un emploi est une occupation à temps plein qui peut occasionner du stress et de l’anxiété. Il est important que vous preniez soin de vous. Qu’est-ce que cela veut dire? De ne pas rester en pyjama toute la journée à rafraîchir les pages Web d’emplois…par exemple.

Lors d’une entrevue, si on vous demande si vous avez des questions à la fin de l’entrevue, dites toujours oui! Cela montre votre intérêt et est très bien reçu par l’employeur. Aussi, si jamais vous passez une entrevue et que votre candidature n’est pas retenue, n’hésitez pas à demander les motifs de leur décision. Cela permet de vous améliorer.

Enfin, durant votre recherche d’emploi, gardez un tableau de bord contenant l’information de base de vos candidatures : titre de poste, nom de l’organisme, date de la candidature, date limite pour postuler, le salaire (ou vos attentes salariales), une copie de l’offre d’emploi (l’employeur peut retirer l’annonce une fois la date limite dépassée – pour vous, c’est un excellent résumé de vos potentielles tâches et cela peut vous aider à vous préparer à l’entrevue!), le lieu du travail (accessible en métro? voiture?), etc.

C.P. – Quels défis vous attendaient à votre arrivée en milieu professionnel et de quelle façon les avez-vous surmontés?

Y.C. – À Intact, il y a d’autres professionnels de l’information, mais je fus le tout premier à être embauché dans le département de l’Indemnisation. Bien que cela soit fort excitant d’être pionnier dans son domaine, le défi fut d’implanter mes pratiques en gestion de l’information face à un département qui gérait ses opérations sans expertise archivistique depuis plus d’une décennie. Face à cela, je peux affirmer qu’il faut s’armer d’empathie et de patience. Également, à mes yeux, votre gestionnaire demeure l’allié le plus important dans votre carrière. Alors, travaillez en équipe avec lui ou elle!

C.P. – Pour finir, quel est l’élément de votre travail ou de la profession archivistique en général qui nourrit le plus votre motivation?

Y.C. – Intact est une organisation nord-américaine où travaillent plus de 16 000 employés. C’est donc un environnement dynamique et innovant. Pour ma part, je crois que j’ai une occasion unique de participer à la transformation numérique de l’entreprise et cela me passionne. De plus, la nature de mes tâches est en constante évolution et les défis ne manquent jamais.

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