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Stress et résilience en temps de pandémie: comment allez-vous, collègues archivistes?

Par Jonathan David, Analyste au secteur de la gestion de l’information du CSSMB / Responsable du blogue Convergence

« Je le sais que les Québécois sont tannés, mais c’est pas le temps de lâcher » – Le premier ministre François Legault, au moins une fois par jour

Depuis mars dernier, le monde tel que nous le connaissions s’est bouleversé. Si nous avons eu la chance d’avoir un répit cet été, nous sommes maintenant dans la deuxième vague de COVID-19, et tout ce qui va avec; les fermetures, les annulations, les restrictions. Octobre se pointe et comme à chaque année, il apporte avec lui une perte de chaleur et de luminosité qui, même si prévisible, n’est toujours pas facile à accepter. La perspective d’un confinement jusqu’à Noël semble être un scénario de plus en plus vraisemblable. Est-ce que l’Halloween et les festivités du temps des fêtes subiront le même sort que l’Action de grâce, c’est-à-dire leur «annulation»? Et la neige… ah la neige…

Serons-nous pris pour passer l’hiver seul, confiné, le nez dans nos archives?

Bon, il faut effectivement l’admettre et l’accepter, 2020 est une année qui teste notre niveau de résilience. Sur le plan personnel, certains sont plus touchés que d’autres; par la maladie, la perte d’un proche, la perte d’un emploi, les pertes financières, l’annulation de projets qui tenaient à cœur… Mes pensées vont à tous ces gens qui ont vécu toutes sortes de malheureux défis en ces temps difficiles.

La pandémie, outre les nombreux décès, a aussi amené une hausse de l’anxiété et de dépression partout dans le monde. Au Québec, on remarque des impacts très importants sur le bien-être psychologique des Québécois. Selon la Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, ce serait un québécois sur cinq qui « présentent de l’anxiété ou de la dépression de nature assez importante pour dire qu’ils devraient être évalués cliniquement »[1]. Chez les assureurs privés, les réclamations pour des antidépresseurs sont en hausse de 20 % dans la province[2].

Qu’en est-il au travail? Sur le plan professionnel, vu ses circonstances, il n’en faut peu pour qu’une certaine morosité s’installe. Devant toutes ces épreuves, il est possible de vivre une perte de motivation.

Et vous, collègues archivistes? Comment se passe cette pandémie au travail? Je vous invite, si vous le souhaitez, à nous partager vos histoires en commentaire (ici-bas).

Heureusement, il existe des solutions. S’il est difficile  sur le plan personnel  d’avoir un contrôle sur la pandémie – outre que de rester chez soi – , il reste possible de travailler sur son bien-être. Le reste de ce billet s’attardera sur les concepts de stress et de résilience.

Maîtriser son stress: connaitre ses émotions et leur contexte

Rappelons nous les bases: le stress est une émotion normale qui s’active dans différents contextes. Selon l’acronyme développé par Sonia Lupien[3], les contextes de son apparition sont les suivants: CINÉ  C: Contrôle I: Imprévisibilité  N: Nouveauté  É: Égo menacé

Pour réguler son stress (ou toute autre émotion), la première étape est d’identifier cette émotion. Il faut d’abord apprendre à reconnaître les premiers signes de son apparition pour ensuite évaluer, de façon proactive plutôt que réactive, les différents gestes qui peuvent être posés. Il est sain d’avoir du stress, mais il ne faut pas se laisser envahir par lui.

Gaël Chatelain-Berry, conférencier, auteur et consultant, avance la métaphore d’une bataille à livrer (et comme toute bataille, il est possible de gagner).  Il nous propose dans un article récent 5 techniques pour réguler notre stress[4]:

  1. Rationaliser la cause de votre stress/émotion: prendre du recul et rester objectif afin d’éviter le «biais négatif» qui consiste à porter son attention uniquement sur les obstacles.
  2. Fuir les gens toxiques: identifier les gens qui peuvent vous aider, et ceux qui au contraire profiteront de la situation.
  3. (Ré)apprendre à se battre: trouver en soi « l’énergie du désespoir», comme on dit!
  4. Se recentrer sur le positif: L’histoire du verre à moitié plein…
  5. Prenez du temps pour vous: réduire la place du stress dans votre vie en ayant des moments de déconnexion.

Qu’est-ce que la résilience et où peut-on s’en procurer?

La résilience est une qualité que tout le monde a, mais à des degrés divers. Heureusement, elle se cultive! La résilience, c’est de mettre en œuvre des stratégies permettant de s’épanouir sous la pression, de s’outiller pour «rebondir» rapidement. Développer sa résilience permet de surmonter plus facilement les épreuves de la vie, prévenir l’épuisement professionnel, et à terme, se réaliser pleinement.

J’assistais récemment à une conférence donnée par Kathryn Peterson au sujet de la résilience. Elle nous a partagé 7 habiletés à développer pour l’améliorer:

  1. Être conscient de ses émotions et les réguler
  2. Contrôler l’impulsivité
  3. Analyser les problèmes et tenter de trouver les causes
  4. Maintenir un optimisme réaliste
  5. Ressentir de l’empathie pour les autres
  6. Avoir un sentiment d’efficacité personnelle
  7. S’exposer, prendre des risques

Suzan David, dans son livre Emotional  Agility[5], parle plutôt d’agilité émotionnelle, c’est-à-dire du développement d’une compétence critique qui permet d’évaluer les situations, d’être lucide, d’accepter les situations difficiles, de reconnaitre nos pensées, émotions, expériences et histoires personnelles et de les utiliser à notre avantage.

Andrew J Martin[6] a quant à lui développé les 4 R de la résilience:

  • Résistance: degré de sensibilité ou profondeur de la réaction
  • Récupération: temps requis avant le retour à la normale
  • Réorientation: adaptation et choix de direction
  • Regain: vers une trajectoire de croissance

Le développement de sa résilience est selon moi indispensable, car elle est en corrélation directe avec son bien-être personnel et professionnel. La gestion de son stress permet grandement d’améliorer sa communication et ses échanges sociaux; vous remarquerez qu’il est pas mal moins intéressant de discuter avec un collègue stressé (et stressant, car le stress est contagieux) qu’avec quelqu’un de calme… Donc au travail comme à la maison, tout le monde gagne à améliorer sa gestion du stress.

J’espère que ces conseils vous seront utiles. Je termine en souhaitant à tous les collègues archivistes toute la résilience nécessaire pour traverser les épreuves de ce 2020 qui n’en fini plus de finir… Je serais tenté de vous lancé un «ça va bien aller», mais on dirait qu’on l’a trop entendu cette année… Je vais donc plutôt conclure avec un «ça va être tiguidou»!

On ne fait pas d’omelette… oui, sans casser des oeufs … Crédit: Bernard Goldbach Licence CC BY 2.0

***

[1] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1737527/depression-anxiete-pandemie-etude-universite-sherbrooke

[2] https://www.ledevoir.com/societe/sante/586403/sante-mentale-la-pandemie-pese-lourd-sur-le-moral

[3] Lupien, Sonia (2010). Par amour du stress. Édition au Carré

[4] https://www.gchatelain.com/single-post/5-techniques-pour-ne-plus-laisser-vos-%C3%A9motions-ou-le-stress-vous-envahir

[5] David, Suzan (2016). Emotional  Agility: et Unstuck, Embrace Change, and Thrive in Work and Life. Avery

[6] Martin, A.J. (2012). « Resilience and learning ». In N.M. Seel (Ed.). Encyclopedia of the Sciences of Learning. New York: Springer.

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