Profession

Quand ton job relégué aux calendes grecques devient un job d’avenir

Par Ornella Doumba, Archiviste chez Constellio

Ça y est! Je peux fièrement répondre à ceux qui me le demandent ce que je fais : Gestion de l’information 😊

Mais c’est parce que ça n’a pas commencé comme ça. Au départ, je suis archiviste. Essaie de convaincre tes parents -qui ont payé des dizaines de milliers de dollars pour t’envoyer étudier à l’étranger- que tu n’as pas raté ta vie. Il fallait tout le temps expliquer qu’un archiviste de nos jours ne fait pas QUE gérer des archives; il traite également des documents actuels (actifs pour les intimes).

Être archiviste, dans la perception du monde, ça fait dur. J’ai dû moi-même me convaincre du contraire; et la Maîtrise en sciences de l’information m’a aidée à trouver de bons arguments de vente de mon métier. En effet, qu’on dise ce qu’on veut, c’est un programme équilibré qui permet d’acquérir pas mal de compétences techniques, du traitement de documents papier, à la rédaction de politiques, la formation, et à la gestion des documents numériques (en plein les besoins du moment).

Du coup, en sortant de la Maîtrise en 2014, je passais d’une archiviste à conseillère en gestion documentaire. Ça faisait déjà plus moderne, disons.

Pour les finissants en archivistique, les titres d’emplois potentiels sont variés, et même parfois plutôt inusités!

Et puis, on a commencé à parler de gestion de l’information, influencé par le besoin d’intégrer le traitement du cycle de vie aux questions d’intégrité, d’accès et de sécurité de l’information. Cette approche intégrée a généré le besoin de professionnels pour se pencher sur la question. Le milieu du travail se fait tranquillement à l’idée.

Et tranquillement, on dirait qu’on (les archivistes) a gagné le pari de se positionner juste là, car de toute façon nous avons les compétences pour assumer ces fonctions. Et puis, il faut le dire, ça fait longtemps qu’on se le répète, dans nos publications, les congrès, etc. ‘’soyons des caméléons’’, « varions nos skills ». Du coup, on était pas mal prêt quand ce beau défi de la gestion de l’information s’est présenté. Reconnaissons-le, Gestionnaire de l’information, c’est pas mal plus sexy. Les offres d’emploi sont d’ailleurs de plus en plus créatives dans les titres de poste.

Bref, mon point c’est qu’en quelques années, ma job des temps anciens est devenu un emploi d’avenir. Aujourd’hui, nous pouvons continuer à ajouter toutes sortes de flèches à notre arc sans dénaturer notre core business : spécialiste Microsoft 365 (the gift that keeps on giving), gestion des données, et même conformité.

En parlant de conformité, nous devons cette évolution du métier en grande partie au législateur. En effet, le document sous toutes ses formes est devenu la pierre angulaire du travail dans cette nouvelle ère. Les entreprises sont légalement obligées à mieux encadrer la gestion de leur actif documentaire, ce qui justifie notre embauche. Cette évolution, Diane Baillargeon l’avait assez bien dessinée en décrivant, en 2015, sa vision de l’archiviste de 2030[1]. Nous y reviendrons…

Pour finir, l’une des conférences du Congrès de l’AAQ 2017 titrait « Le cul-de-sac archivistique, comment s’en sortir? »

En 2022, vous sentez-vous encore « pris »? J’ai plutôt l’impression que les perspectives s’annoncent reluisantes, tout en couleur, pas du tout noir et blanc.

[1] Servais, Paul, and Françoise Mirguet. Archivistes De 2030: Réflexions Prospectives. Louvain-la-Neuve: Academia-l’Harmattan, 2015.

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