Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Karine Boisvert

Responsable de la gestion intégrée des documents / Agence de la santé et des services sociaux de la Montérégie


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

Contrairement à plusieurs, je n’aspirais pas à un métier précis étant jeune et j’ai longtemps cherché ma voie. Mon intérêt pour l’alimentation m’a amenée à me diriger d’abord vers des études en diététique au Cégep Maisonneuve, mais rapidement j’ai compris que le contenu ne me plaisait pas et j’ai donc quitté après une seule session. Je me suis ensuite tournée vers les sciences humaines et deux cours m’ont alors allumée : l’histoire et la politique. J’ai donc arrêté mon choix vers l’histoire pour l’université, mais comme je jugeais lourd le portrait à venir et le niveau avancé de scolarité nécessaire à l’enseignement de ma matière favorite, l’Allemagne contemporaine, j’ai décidé d’ouvrir mes horizons et de tenter une autre avenue. Une amie m’a alors recommandé l’archivistique puisqu’elle considérait que j’avais de bonnes aptitudes pour ce métier. J’ai alors suivi le cours d’introduction pendant ma troisième année de baccalauréat et ce fut la grande révélation.

Cheminement professionnel

J’ai amorcé mon certificat en archivistique à la session d’hiver et commencé à travailler dans ce domaine avant même la fin de ce dernier. En effet, j’étais inscrite à un programme de placement étudiant et un premier contrat s’est présenté au Ministère de la Culture et des Communications alors que je cumulais une seule session d’étude. Par la suite, j’ai effectué deux autres contrats chez ce même employeur ce qui a permis l’envol de ma carrière puisque j’ai ensuite obtenu mon premier poste à titre de responsable des archives chez Juste pour rire ainsi que mon remplacement à l’Hôpital Charles LeMoyne qui m’a mené au poste que j’occupe aujourd’hui.

Avez-vous exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste?

Je suis sur le marché du travail depuis mon adolescence. J’ai effectué bon nombre d’emplois dans lesquels j’ai gravi les échelons tranquillement. Mon premier poste important est celui de préposé au stationnement pour lequel je suis rapidement devenue commis comptable, et ce, sans aucune expérience. Je considère avoir eu la chance de rencontrer des personnes significatives qui ont su me faire confiance.

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

Étant une personne bien ordonnée qui aime que chaque chose soit à sa place ‒ sans tomber dans l’excès ‒ je considère que j’étais prédestinée pour ce métier. L’expression « cordonnier mal chaussé » ne s’adresse pas à moi! Le cours d’introduction que j’ai suivi pendant mon baccalauréat a vraiment été une révélation pour moi, dès mon premier cours j’ai su que je voulais en faire mon métier et je ne l’ai jamais regretté. Je considère que cette profession comporte deux facettes : une plus rigide représentée par exemple par l’élaboration du calendrier de conservation; et une plus souple avec le plan de classification. Ces deux côtés me plaisent car ils amènent à des jugements et des décisions différentes. J’affectionne particulièrement les rencontres avec le personnel qui me permettent de leur expliquer le fonctionnement de l’archivage, de leur faire comprendre par des termes simples et de leur donner l’envie de le faire. Je priorise les petites entreprises qui engagent une seule archiviste parce que ça me permet de toucher à un éventail de tâches : autant m’attaquer à de gros projets, que d’effectuer de la saisie de données quand je manque de concentration.

Quelle est votre routine habituelle?

Je n’ai pas vraiment de routine parce que j’aime privilégier les clients. Donc je suis toujours disponible pour répondre aux questions et aux demandes. Ma journée de travail commence dans ma voiture puisque j’aligne mes idées et mes priorités pour la journée.

En arrivant au travail, je prends mes messages et je retourne aussitôt les appels puisque j’ai le service à la clientèle à cœur. Les saisons façonnent beaucoup mon emploi du temps : février et mars annoncent la venue des vérificateurs, alors les demandes d’accès deviennent nombreuses; avril et mai représentent la destruction annuelle; la période estivale entraîne une forte demande de classement et de déclassement en raison d’une plus grande disponibilité pour l’archivage et constitue aussi un temps où la saisie de données est importante; l’automne marque l’arrivée de nouveaux employés et donc de la formation. J’amorce aussi souvent de nouveaux projets durant cette période.

Racontez-nous une journée atypique

En fait, puisque je privilégie beaucoup les clients, il n’est pas rare de voir l’horaire de mes journées complètement chamboulé. La gestion documentaire n’est pas ce que les gens préfèrent. Il faut donc leur rendre la tâche la plus simple et la plus agréable possible. De plus, je pense que lorsqu’ils m’appellent parce qu’ils sont prêts à faire du classement ou de l’archivage, mieux vaut profiter de cette ouverture qui ne reviendra peut-être pas de sitôt. Et de toute façon, transmettre mes connaissances est un aspect que j’adore de mon travail.

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

Depuis mes dix années de carrière, je m’aperçois que les documents sont de plus en plus électroniques. Les gestionnaires rêvent de bureaux sans papiers et vont parfois jusqu’à donner des directives en ce sens sans s’être arrimés à l’archiviste. La volonté de conserver les documents en support électronique entraîne un grand vent de changement pour nous. Nous devons comprendre comment ça fonctionne, et ce, malgré le manque de connaissance. Les logiciels intégrés sont apparus et en implanter un dans une organisation nous oblige à développer de nouvelles expertises.

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

Plusieurs choses; en 2013 je suis retournée aux études pour tenter de terminer un certificat en gestion de l’information numérique. J’essaie d’avoir un vaste réseau professionnel. Dans la mesure du possible, je vais au congrès annuel de l’AAQ. J’ai même fait une présentation en 2013 au Château Montebello. De plus, je prends des contrats d’auxiliaires d’enseignements à l’EBSI. J’ai déjà été superviseur de stage pour l’EBSI également. Finalement, j’essaie de demeurer informée en faisant un peu de veille professionnelle et de la lecture sur le sujet et les nouvelles tendances.

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

Avec l’entrée à l’école de mes filles, les questions ont commencé. J’ai donc dû trouver une façon de leur expliquer ce que je faisais dans la vie pour qu’elles soient capables d’en faire autant lorsque la question leur était posée. Ce que je leur dis, c’est que j’apprends et j’aide les gens à classer et conserver leurs documents de travail.  Aux adultes, je leur explique qu’ils y a plusieurs lois qui encadrent les documents qui sont créés où reçus par un organisme. Mon rôle est d’informer les personnes de ce fait et ensuite de définir avec elles combien de temps l’organisme doit conserver ses documents. Je les aide également à se créer une structure électronique ou papier afin d’en faciliter la conservation. Et lorsque leurs documents n’ont plus d’utilité dans leur bureau et qu’ils les envoient aux archives, ils deviennent ma responsabilité.

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Nous sommes les gardiens de l’histoire.


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

Le comité des communications désire remercier les archivistes qui se sont généreusement prêtés au jeu et notre photographe Cyndie Chouinard pour ses magnifiques photos.

 

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