Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Catherine Nadeau

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Directrice, Gestion de l’information et administration de la preuve électronique KPMG


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

Mon parcours académique est somme toute assez conventionnel. Baccalauréat et maîtrise en histoire, certificat en gestion des documents et des archives, certificat en gestion de l’information numérique, cours en gestion de projet, auxquels s’ajoutent certifications et formations professionnelles.

Cheminement professionnel

J’ai débuté ma carrière en gestion de l’information en 2006 tout d’abord comme commis aux archives. J’ai travaillé près de 6 ans au sein d’organisations soit le Collège des médecins du Québec et l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec. Puis, en 2012, je me suis lancée dans le monde de la consultation en intégrant l’équipe de gestion de l’information chez KPMG.

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

Pour dire vrai, si vous m’aviez demandé il y a 10 ans si je voulais devenir archiviste, la réponse aurait été non. Suite à mon stage en gestion documentaire et la fin de mon certificat en gestion des documents et des archives en 2001, je me suis dit « jamais au grand jamais je ne serai archiviste! ». J’ai alors voyagé, entrepris et terminé une maîtrise en histoire et je suis allée enseigner le français en Angleterre. Mon objectif au retour d’Angleterre – on était alors à l’été 2006 – était de devenir professeur d’histoire au Cégep. Revenue un peu trop tard durant l’été pour pouvoir obtenir une charge de cours à l’automne, de retour chez papa et maman sur la rive-sud de Montréal, sans revenus, j’ai alors postulé pour différents postes… dont un poste de commis aux archives au Collège des médecins.

À ce moment-là, mon objectif était toujours l’enseignement. J’étais même inscrite au certificat de 2e cycle en pédagogie à l’UQÀM. Puis finalement, le déclic c’est fait. Depuis 2001 le milieu de l’archivistique avait évolué. J’ai aussi découvert des filles passionnées de gestion documentaire, avec des idées pour faire évoluer le contexte organisationnel, des projets emballants (merci Lucie, merci Sylvie, c’est grâce à vous si je suis toujours en gestion de l’information aujourd’hui!). Bref, c’est à ce moment que j’ai eu un coup de foudre pour la profession archivistique! Aujourd’hui j’arrive aussi à marier mon amour de la pédagogie en donnant régulièrement des formations chez mes clients ou des conférences et qui sait si un jour je ne tenterai pas ma chance en donnant une charge de cours!

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Quelle est votre routine habituelle?

Difficile à décrire, le milieu de la consultation est très peu routinier. Mais disons qu’en général je prends mes courriels tôt le matin et je règle les urgences. Par la suite, je peux travailler sur un rapport, une proposition de services, le développement d’outils de gestion documentaire (politique, plan de classification, calendrier de conservation, etc.), rencontrer des clients ou futurs clients pour des propositions de services, des formations, des analyses de besoin. Je peux aussi être en déplacement d’un bout à l’autre du Canada, me rendre à une conférence à titre de conférencière ou organisatrice, etc.

En général nous pouvons mener de front facilement 4 ou 5 mandats en même temps, parfois même plus selon l’ampleur des travaux à effectuer et les échéanciers de livraison. Plusieurs mandats se font évidemment en collaboration avec différents collègues, parfois avec mon équipe rapprochée, mais parfois aussi avec d’autres équipes comme l’audit interne, l’architecture d’entreprise, etc. Tout ça nécessite une bonne gestion du temps et beaucoup de passion. Faut aimer ça!

Racontez-nous une journée atypique

Je dirais que l’ensemble de mes journées sont plutôt atypiques. Une journée atypique serait en fait une journée sans recevoir de courriel ni d’appel : une journée tranquille et sans surprise…  En près de 4 ans, ça n’est jamais arrivé et c’est vraiment ce qui m’allume.

Avez-vous des anecdotes ou des situations cocasses qui vous sont arrivées au travail?

Des anecdotes comme l’inondation d’un dépôt d’archives durant la fin de semaine? Ou être dans un autobus qui se fait emboutir par un camion en me rendant chez un client?   🙂

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

L’explosion du volume de données, l’intérêt suscité par la gouvernance de l’information, la gestion de l’information devenue maintenant part d’une saine gestion des risques. Je constate toutefois que peu d’archivistes semblent embrasser ces nouvelles tendances et déborder du cadre traditionnel de la gestion documentaire. La donnée, c’est simplement la plus petite parcelle d’information. Sa gestion est fort similaire à la gestion des documents, il faut simplement avoir un intérêt et quelques connaissances en technologiques.

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

Je lis beaucoup, que ce soit des revues sur la gestion de l’information, des blogues, des articles ou livres sur les TI, le droit, la cybersécurité, le respect de la vie privée, etc. Je suis membre de plusieurs groupes sur LinkedIn et abonnée à plusieurs listes d’envoi d’organisations touchant à la gestion de l’information. J’assiste évidemment à des conférences ou des formations (AAQ, ARMA, TDWI). J’assiste aussi à plusieurs webinaires, dont ceux, souvent gratuits pour les membres d’ARMA International et de AIIM.

Tant au niveau des lectures que des webinaires, je me tourne beaucoup vers le milieu anglo-saxon qui est généralement en avance en gestion de l’information, surtout au niveau de l’administration de la preuve électronique et les démarches à mettre en place lors d’une (possible) poursuite judiciaire, une enquête, un litige, un audit, etc. Secteur qui semble beaucoup plus délaissé aux avocats et aux TI au Québec alors que le gestionnaire de l’information peut assurément aider l’organisation à mettre en place un processus fiable et identifier les différents répertoires de données et documents avant la crise.

©Cyndie Chouinard http://cyndiechouinard.com/

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Qu’est-ce que vous voudriez partager avec quelqu’un qui désirerait entreprendre des études en archivistique?

Pour être archiviste, il faut tout d’abord être passionné. Si vous choisissez l’archivistique uniquement pour faire de l’argent, oubliez ça. Pour être un bon archiviste, ça prend aussi certaines qualités : de la rigueur, une excellente écoute, des aptitudes de communication orale et écrite. Notre travail, en consultation ou en entreprise, nous met en contact avec l’ensemble des employés de l’organisation. Il est nécessaire d’assurer en tout temps un excellent service à la clientèle.

J’aime aussi insister sur le fait qu’il est nécessaire de connaître les normes, les lois, les meilleures pratiques en archivistique, mais qu’il est aussi nécessaire de penser aux utilisateurs finaux. Si l’on veut que nos outils, politiques et procédures soient suivis, il vaut parfois mieux viser une marche en dessous et bien vulgariser les raisons pour lesquelles on doit faire ceci au lieu de cela.

Finalement, l’archivistique au Québec est un petit milieu… cultiver votre réseau de contacts, c’est probablement ce qui vous aidera le plus à vous trouver un emploi plus tard. Cultivez vos relations avec vos collègues de classe, avec vos enseignants, devenez membre d’une association professionnelle, assistez aux 5 à 7 des différentes associations professionnelles… ça peut paraître gênant au départ, mais n’oubliez jamais que nous sommes tous déjà passés par là!

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

À la blague, j’aime bien dire que je sauve les organisations de leur péril documentaire! Que mon rôle est de les aider à mettre en place des solutions qui leur permettront de trouver LA bonne information au bon moment.

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Un apport nécessaire de gardien de la mémoire, mais aussi un apport quotidien et concret permettant aux différentes organisations de prendre les meilleures décisions possibles basées sur des documents et des données rapidement accessibles, fiables, intègres et authentiques.


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

Le comité des communications désire remercier les archivistes qui se sont généreusement prêtés au jeu et notre photographe Cyndie Chouinard pour ses magnifiques photos.

Une réflexion sur “Vie d’archiviste : Catherine Nadeau

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