Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Sandra Lacroix

©Sandra Lacroix

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Archiviste / Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL)


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

DEC en Sciences Humaines profil Histoire au Cégep Garneau à Québec.

Baccalauréat par cumul de certificats en éducation contemporaine de l’UQAR avec un certificat en archivistique de l’Université Laval.

Cheminement professionnel

J’ai eu beaucoup de chance dès le début de ma carrière en me trouvant rapidement des emplois stimulants. Quelques mois après la fin de mes études, j’ai décroché un contrat à la Ville de Lévis en tant que technicienne en documentation.   J’ai ensuite obtenu un poste de conseillère en implantation de système d’information chez Gestar où j’ai travaillé plusieurs années à élaborer des outils de gestion documentaire et à former des employés dans différentes organisations.

Depuis près de 5 ans, je travaille à titre d’archiviste pour la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL), une organisation sans but lucratif située à Wendake, près de Québec.

Je possède une micro entreprise, Généa-Logique, qui offre des services de recherche en généalogie et des conseils sur la gestion des archives personnelles.  Je suis aussi archiviste bénévole pour la Société d’Arts et d’Histoire de Beauport, ce qui me permet de contribuer d’une autre manière au domaine archivistique.

Avez-vous exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste?

Non, j’avais commencé des études afin de devenir enseignante, mais j’ai changé d’orientation lorsque j’ai compris que je n’avais pas la vocation pour ce domaine. Je me suis dirigée vers l’archivistique dans le but de travailler dans les archives historiques, mais je n’ai pas eu l’occasion d’y trouver un poste.

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

Je suis une passionnée d’histoire et de généalogie et lorsque j’ai décidé de changer de domaine d’études, je cherchais un domaine qui me permettrait de toucher de près ou de loin ces sujets, mais je ne voulais pas nécessairement recommencer un baccalauréat de plusieurs années, donc le certificat en archivistique répondait à mes besoins.  J’aimais aussi le côté multidisciplinaire que m’offrait la formation et la possibilité de travailler dans diverses organisations.

Aujourd’hui, après plusieurs années dans le domaine, c’est un tout autre côté qui fait que j’aime mon métier. J’apprécie de pouvoir transmettre mes connaissances, de travailler avec différents corps de métier tels que les technologies de l’information, de contribuer de manière plus tangible dans mon milieu de travail en élaborant et en implantant des solutions et des procédures qui ont un impact rapide et direct avec le travail de mes collègues.

©Sandra Lacroix

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Quelle est votre routine habituelle?

Mes journées commencent à 8h00.

Je suis la seule archiviste du bureau. Je commence par prendre connaissance de mes courriels pour déterminer s’il y a des urgences et revoir ma planification de la journée.  Je coordonne le système de gestion documentaire et le centre de documentation de la Commission donc les demandes peuvent toucher ces deux sujets. Les demandes de soutien me proviennent en majorité des employés, mais elles peuvent aussi venir des différentes communautés autochtones du Québec.  Nous avons aussi un logiciel de gestion intégrée des documents au bureau que j’administre aussi.

Les demandes peuvent varier. Cela peut être pour obtenir du soutien dans l’utilisation du logiciel, pour obtenir du soutien au niveau du classement de leurs dossiers papiers et numériques, pour obtenir mon avis sur un sujet en particulier, pour faire l’achat de documentation, pour avoir accès à un dossier ou un document, etc.  Je participe aussi à plusieurs comités pour conseiller et aider les employés dans leur gestion documentaire dès la création des documents et des dossiers. Nous travaillons très fort pour inclure la gestion documentaire dès le début des projets.

J’ai la chance de toucher à plusieurs sujets dans une journée et d’être incluse rapidement dans les nouveaux projets de la Commission. Les employés sont de plus en plus conscients de l’importance de la gestion documentaire certes, mais surtout de la gestion de l’information en général.   Quelques fois, j’ai des journées plus tranquilles et je peux avancer le traitement des boîtes du fonds d’archives de la Commission ou bien développer et mettre à jour des procédures et des outils afin d’améliorer le système de gestion documentaire.

Je termine mes journées vers 16h00.

Racontez-nous une journée atypique

Une journée atypique peut prendre plusieurs formes. Je peux dire que c’est la panique si nous avons une panne électrique ou s’il y a un problème informatique. Cela monopolise complètement le logiciel de GID.  Une journée atypique pourrait aussi être une demande de participation à un nouveau projet ou une demande de recherche ponctuelle, mais urgente qu’il m’oblige à mettre en plan ce que j’avais planifié.

Avez-vous des anecdotes ou des situations cocasses qui vous sont arrivées au travail?

On met souvent dans le même panier la gestion documentaire et l’informatique tellement que des employés m’appellent pour obtenir du soutien informatique lorsque les TI sont occupés ou absents.

Les autres tâches connexes s’allongent rapidement. On m’a déjà demandé de faire de la mise en page de document et de mettre à jour des formulaires dont je ne connaissais aucunement le contenu.

L’humour et le plaisir de travailler font partie de la culture de la Commission et pour faire passer des idées auprès des employés, j’essaie de l’utiliser à mon avantage. Nous avons donc une mascotte de la gestion documentaire, Gus l’écureuil, un mois de la gestion documentaire remplie d’activités, de jeux et de prix à gagner pour les participants et un vidéo tourné avec l’aide de certains employés a même été présentée lors d’un party de Noël pour dédramatiser la résistance au changement lors de l’implantation du logiciel de GID.

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

Je crois que je suis de la génération qui va connaître une toute nouvelle version de l’archivistique moderne. On sent un vent de changement depuis plusieurs années et ma génération sera appelée à s’impliquer dans ce changement.

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

Je participe au congrès de l’AAQ, je suis des formations données par les différentes associations en lien avec la gestion documentaire. Je fais beaucoup de veille afin de me tenir à jour sur les nouveautés dans le domaine.

©Sandra Lacroix

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Qu’est-ce que vous voudriez partager avec quelqu’un qui désirerait entreprendre des études en archivistique?

C’est un beau domaine en évolution. Il faut être prêt à être multidisciplinaire et autodidacte. Avoir l’esprit ouvert et s’intéresser aux domaines connexes comme l’informatique et la gestion du changement.  Il faut s’affirmer et vendre le métier afin de pouvoir prendre notre place dans une organisation.

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

Aux adultes, j’explique que je m’occupe du patrimoine informationnel de la Commission. Que je m’assure que tout est classé aux bons endroits, que les documents sont bien protégés et qu’ils seront bien conservés au besoin lorsqu’ils seront archivés.

Pour les plus jeunes, ma fille dit que je suis la détective qui retrouve ce qui est perdu. Je trouve ça mignon et bien imagé.

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Les archivistes sont les gardiens de l’information et les protecteurs du patrimoine informationnel. Ils permettent de conserver des preuves de notre passé, de contribuer au développement des organisations et de la société en s’assurant que l’information d’aujourd’hui soit accessible maintenant et dans les années à venir.


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

 

Une réflexion sur “Vie d’archiviste : Sandra Lacroix

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