Diffusion et mise en valeur

Préliminaires archivistiques – Le Fonds de Louisbourg aux AD de Charente-Maritime

Plan de Louisbourg, conservé au Musée Sully de Châtellerault

Plan de Louisbourg, conservé au Musée Sully de Châtellerault

En 1998, en troisième année de Baccalauréat (Licence, pour les Français), je fis mon mémoire sur les rapports de la noblesse française avec la Nouvelle-France, entre 1663 et 1763.

L’année suivante, j’éprouvais le sentiment de m’expatrier, pour ma première année de Maîtrise, à l’université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, grâce au jumelage avec l’université de Poitiers. Le sort en décida autrement… Fort heureusement, mon directeur de recherche, Dominique Guillemet – qui nous ait quittés trop tôt –, m’apprit l’existence d’un fonds d’archives de l’amirauté de Louisbourg, aux Archives départementales de Charente-Maritime (AD 17), à La Rochelle, juste retour aux ressources, puisque ma vie y débuta.

Lors de la reddition de la ville en 1758, le lieutenant-général Laurent de Domingé Meyracq, craignant, à juste titre, les destructions anglaises, mit les papiers de l’amirauté en sûreté. Dans des caisses, il les ramena avec lui en France, après avoir pris soin d’en faire dresser l’inventaire (26 juillet 1758, Amirauté de Louisbourg, B 6125, AD de Charente-Maritime). Arrivé dans l’hiver 1758-1759, à bord du navire anglais le Charles, à La Rochelle, Meyracq conserva auprès de lui ces documents administratifs dont il avait la charge. En 1767, il remit finalement ces archives au greffier de l’amirauté de La Rochelle, où elles furent conservées jusqu’à la Révolution française. En 1791, les amirautés supprimées, les archives de Louisbourg furent transférées au tribunal de commerce, tout juste créé. Le versement du fonds aux Archives départementales de la Charente-Maritime eut lieu entre 1883 et 1885, en même temps que le fonds de l’amirauté de La Rochelle. Alors, en quel lieu, du Canada ou de la France, ces archives devraient-elles être conservées ? La logique voudrait qu’elles fussent déposées à l’Institut de recherches sur Louisbourg, mais l’immuabilité des archives fait que ce fonds devrait demeurer à jamais à La Rochelle.

Ces archives sont relativement bien écrites (surtout durant la longue juridiction du lieutenant-général Le Vasseur) et fort bien conservées. Elles nous renseignent sur de nombreux aspects de la vie de cette amirauté, ainsi que sur la vie maritime. Elles sont, en revanche, très incomplètes, l’ensemble des fonds de l’Île Royale étant disséminés de par le Monde. Les monographies sont d’ailleurs quasi inexistantes. Par ailleurs, la grande confusion dans les liasses déposées à La Rochelle, tout comme l’extrême pauvreté de leur inventaire, révèlent un séculaire désintéressement des historiens pour ce site oublié (mais souvent mentionné sur les cartes illustrant le déroulement de la perte de la Nouvelle-France). Il est vrai que ce soit toujours un passé mal digéré aux yeux des Français, au contraire de leurs cousins québécois et acadiens.

Ce fut excitant d’exhumer ce fantôme d’un passé commun franco-québécois et je réalisais là, sans le savoir, mon premier travail d’archiviste, qui allait fixer à jamais mon destin… Je n’ai pas encore pu me rendre sur l’île du Cap Breton, où un quart du Louisbourg d’Ancien Régime ait été reconstitué, devenu vaste écomusée et lieu de tournage privilégié. Cependant, lors de mon tout premier séjour au Québec, en 1999, quelle ne fut pas ma surprise de pouvoir visiter l’auberge de Jean Grandchamp, que je connaissais bien par mon étude, au cœur de la Salle du Canada du Musée canadien de l’Histoire, à Hull !

Tel le chevalier de Lagardère, Louisbourg venait à nouveau à moi…

6 réflexions sur “Préliminaires archivistiques – Le Fonds de Louisbourg aux AD de Charente-Maritime

  1. Si vous êtês en France, je vous encourage à visiter le Musée du Nouveau Monde à La Rochelle et les Archives Charente-Maritime cet automne, car ils ont développé ensemble une belle exposition basée sur les fonds de l’amirauté de Louisbourg, les plans de Louisbourg gardés à Aix, et les plans modernes utilisés pour la reconstruction. Plein de Louisbourg à voir en France!

    • Merci Anne Marie pour cette précieuse information. Je songeais à faire mon petit pèlerinage dans ma ville natale… voici donc une occasion qui pourrait bien coïncider avec mon anniversaire du coup 🙂

    • Très bonne exposition que celle sur le phare de Louisbourg, aux Archives départementale de Charente-Maritime, avec un intéressant documentaire sur la reconstruction du site, qui incite fortement à s’y rendre…

  2. Très intéressant! J’ai eu le plaisir de visiter le site de Louisbourg au Cap Breton l’année dernière et la lecture de ce texte me transporte à nouveau dans ce lieux historique.

    • Chanceuse Véronique 🙂 Peut-être profiterai-je du Congrès à Tadoussac pour pousser plus à l’Est et aller enfin contempler de mes yeux ce site passionnant !

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