Profession/Vie d'archiviste

Vie d’archiviste : Mariève Mantha

Archiviste / Services juridiques de la Ville de Blainville


Quel est votre parcours professionnel?

Parcours académique

J’ai effectué mes études à l’Université de Montréal de 1995 à 2000. D’abord attirée par la psychologie, j’ai effectué un mineur arts et sciences composé de cours de psychologie, de psychoéducation et de criminologie. Réalisant que ce domaine n’était pas pour moi, je me suis réorientée vers le certificat en archivistique. J’ai complété un baccalauréat par l’ajout d’un certificat en histoire de l’art.

Par la suite, j’ai décidé de poursuivre mes études pour élargir mes connaissances et me donner plus de possibilités sur le marché du travail. J’ai fait la maîtrise en sciences de l’information, option bibliothéconomie. Comme mon expérience de stage dans un centre de documentation n’a pas été concluante, j’ai choisi mes premiers emplois dans le domaine archivistique.

Cheminement professionnel

Au cours de mes études, j’ai eu la chance d’obtenir un emploi d’été aux archives de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal. Cette expérience a été très enrichissante et m’a confortée dans mon choix de devenir archiviste. Dès le départ, j’ai pu manipuler des documents historiques d’un grand intérêt et traiter un fonds d’archives photographiques. À la fin de mes études, j’ai obtenu un premier contrat à cet endroit pour dresser un inventaire de documents.

En 2001, j’ai réalisé un mandat pour la Ville de Laval. J’y ai décrit différents fonds d’archives historiques.  Cette incursion dans le milieu municipal m’a permis de découvrir de nouveaux aspects du métier, notamment le fonctionnement d’un plus grand service d’archives, l’entreposage de documents semi-actifs, l’application de règles de conservation, la mise en valeur de documents d’archives, etc.

Forte de cette expérience, je suis devenue archiviste pour la Coop fédérée, d’abord à contrat, puis ensuite de façon permanente, de 2002 à 2006. Je travaillais essentiellement à la création d’un système de classification et à la révision du calendrier de conservation. J’ai ensuite participé à l’implantation d’un logiciel de gestion des documents, une première expérience dans l’univers des technologies de l’information.

Au cours de cet emploi, j’ai eu la chance de partager mon temps entre le siège social de la Coop fédérée, celui de sa filiale Olymel à Saint-Hyacinthe et le Service des archives HEC Montréal (fonds d’archives de la Coopérative fédérée de Québec). J’ai donc beaucoup appris et développé diverses compétences.

Malgré mon intérêt pour ce travail et pour des raisons de logistique familiale, j’ai quitté cet emploi pour occuper le poste d’archiviste aux Services juridiques de la Ville de Blainville, poste que j’occupe toujours aujourd’hui.

Avez-vous exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste?

Mis à part différents emplois étudiants, je n’ai jamais exercé d’autres métiers avant de devenir archiviste.

Pourquoi avoir choisi cette profession? Quelle était votre motivation, qu’est-ce qui vous attirait dans le métier?

Comme la majorité des étudiants en archivistique, j’ai d’abord été attirée par le côté fascinant des archives historiques, par l’envie de les manipuler et de les préserver. D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé toucher et regarder de vieux documents ou de vieux objets, puis tenter de connaître leur histoire. J’aimais fouiller les boîtes de souvenirs ou feuilleter de vieux livres oubliés dans une bibliothèque. Encore aujourd’hui, je prends plaisir à ouvrir une enveloppe de photographies données par un citoyen ou encore, inventorier une boîte d’archives pour la première fois.

J’ai bien vite réalisé que les tâches liées au métier d’archiviste sont plus variées et complexes que le seul traitement des archives historiques. Organiser, traiter et préserver les documents d’une organisation, de leur création à leur stade inactif, est un défi de taille qui demande différentes connaissances et compétences. Malgré les clichés associés au métier et grâce aux développements technologiques des dernières années, l’archiviste peut maintenant jouer un rôle actif et peut s’impliquer en amont de la production documentaire.  La variété des tâches et les défis associés aux technologiques de l’information ont su garder mon intérêt au fil du temps.

Quelle est votre routine habituelle?

J’ai la chance dans mon milieu de travail de pouvoir organiser mon horaire en fonction des projets en cours, des arrivages de documents aux archives et des différentes demandes de recherches. Certaines tâches reviennent de façon récurrente mais je ne pourrais pas qualifier mon emploi de routinier.

Ma première préoccupation est sans doute d’offrir un bon service à la clientèle, c’est-à-dire de pouvoir répondre rapidement aux demandes de documents de mes collègues. Il y a également la saine gestion des documents reçus aux archives : indexation des dossiers dans le système GID, traitement matériel des documents et entreposage des contenants, préservation des documents électroniques dans le bon format, etc.

Lorsque ces tâches deviennent moins prenantes, je prends du temps pour la mise à jour des outils archivistiques (règles de conservation, plan de classification et procédures) et l’avancement du projet de gestion intégrée des documents (analyse des processus de travail des services, administration du logiciel Docuthèque, formation des usagers, etc.).

Il reste donc peu de temps pour la description et la mise en valeur des archives historiques.

Racontez-nous une journée atypique

Une journée atypique peut prendre différentes formes.  Pour moi, c’est une journée où…

… je reçois une demande de recherche particulièrement volumineuse ;

… je dois faire le suivi d’une mise à jour majeure du système informatique GID ;

… je dois régler un problème informatique avec le fournisseur du système ;

… je dois effectuer une présentation devant un service ;

… je dois m’occuper d’un transfert de boîtes d’un entrepôt à l’autre ;

… je dois répondre aux demandes des vérificateurs de la ville (annuellement) ;

… etc.

Avez-vous des anecdotes ou des situations cocasses qui vous sont arrivées au travail?

Avec les documents, je reçois parfois des objets insolites aux archives, le dernier en liste étant une bouteille de vin aux couleurs de la municipalité. Ces objets se retrouvent le plus souvent dans des fonds d’archives personnels (ex : médaille, boîte à cigare et même dentier !). Les objets ayant un intérêt historique sont transférés à mon collègue de la Division culturelle.

Avez-vous connu des changements marquants au sein de votre profession au cours des dernières années? Lesquels?

Oui, très certainement le passage des services d’archives vers des systèmes GID et la nécessité de tenir ses connaissances à jour afin de pouvoir suivre le mouvement. L’omniprésence des technologies de l’information force les archivistes à adapter leurs pratiques et même à se questionner sur certains principes archivistiques.

Que faites-vous pour maintenir à jour vos connaissances et votre expertise?

Je suis membre de l’Association des Archivistes du Québec et je visite régulièrement le site web de l’association pour connaître les dernières nouvelles du milieu archivistique. J’essaie d’assister au congrès annuel de l’AAQ lorsque cela est possible car les conférences y sont toujours très enrichissantes.

Je suis également à l’affut des formations qui pourraient être utiles dans le cadre de mon travail. J’effectue  à l’occasion des lectures sur des sujets que je maîtrise moins bien ou que je désire approfondir. De plus, je n’hésite pas à communiquer avec mes homologues d’autres organismes pour obtenir des conseils sur des procédures, au besoin.

Qu’est-ce que vous voudriez partager avec quelqu’un qui désirerait entreprendre des études en archivistique?

J’aimerais lui dire que l’archivistique est un domaine très actif dans lequel il est possible de s’épanouir en dehors d’une voûte ou d’un sous-sol ! J’aimerais lui dire que pour être archiviste, il faut savoir communiquer et vendre ses projets, il faut avoir de l’initiative et de l’entregent et une bonne dose de patience et de persévérance. Il faut croire en l’utilité de sa profession afin de pouvoir en convaincre les autres et être un initiateur de changements. Enfin, un archiviste doit savoir écouter les besoins de ses collègues et apprendre à vulgariser les notions archivistiques.

Comment décrivez-vous votre métier à des non-archivistes ?

Pour avoir maintes fois tenté d’expliquer la nature de mon métier à des non-initiés, j’en suis venue à une définition plutôt simple : l’archiviste voit à la saine gestion des documents produits par son organisme, c’est-à-dire à leur entreposage, leur préservation, leur destruction, leur accès, leur mise en valeur, etc., cela en accord avec les lois en vigueur.

Selon vous, quel est l’apport des archivistes à la société ?

Les archivistes permettent tout d’abord à leur organisme de rencontrer leurs obligations légales au niveau documentaire. Ils participent donc au bon fonctionnement général des organismes. Bien que moins bien reconnus, les services d’archives sont aussi essentiels que les services des finances, des technologies de l’information, des ressources humaines, etc. À l’ère de l’information numérique,  comment feraient les entreprises en l’absence de professionnels dédiés à la gestion de l’information ? Il y aurait sûrement un chaos informationnel, tant informatique que papier.

De plus, par la préservation des documents historiques, les archivistes  agissent comme protecteurs de le mémoire collective, à différentes échelles évidemment. Ils assurent l’accessibilité des documents de leur organisme aux générations futures et facilitent ainsi une meilleure compréhension du passé.


Le projet Vie d’archiviste vise à présenter une série de portraits d’archivistes provenant de différents milieux et d’illustrer leur parcours et leur travail quotidien. L’AAQ désire ainsi présenter la diversité dans les profils possibles d’archivistes. Les documents et connaissances que nous gérons et préservons sont souvent mis de l’avant, c’est à notre tour maintenant! Vous souhaitez participer? Écrivez-nous à communicationaaq@gmail.com.

Le comité des communications désire remercier les archivistes qui se sont généreusement prêtés au jeu et notre photographe Cyndie Chouinard pour ses magnifiques photos.

 

 

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