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Médaille archivistique au Comité International Olympique

par Marianne Roberge, étudiante à l’EBSI, Université de Montréal

Enfant, j’étais fascinée par cet événement qui meublait pendant quelques semaines le paysage télévisuel chaque deux ans. Plus tard, j’ai eu la chance de voir passer devant moi un athlète canadien tenant la flamme olympique lors de la tenue des Jeux olympiques de Vancouver. L’intérêt autour des Jeux olympiques est bien réel ; chaque édition attire un grand nombre de spectateurs sur place, plusieurs pays compétitionnent dans le but d’accueillir cet événement international et de nombreux athlètes, leurs familles et des milliards de personnes à travers le monde les suivent avec attention par la télédiffusion, peu importe le décalage horaire. Ces événements mondiaux nous permettent une vitrine sur la société actuelle et il est également intéressant de regarder ce que le pays hôte veut mettre en valeur alors que tous les yeux sont tournés vers lui. Toutes les éditions, riches en émotions et également en patriotisme, sont un moment de reconnaissance pour les athlètes qui auront eu la chance de se qualifier pour ces compétitions prestigieuses.

Des objets des Jeux olympiques, des objets témoignant des liens entre le CIO et la famille olympique, des œuvres d’art en lien avec le sport, la philatélie et la numismatique olympiques deviennent des trésors précieux qui racontent l’histoire d’un mouvement international, inscrite dans l’histoire mondiale moderne. […] Si le sport ne semble pas a priori un produit culturel, il peut générer des biens culturels. (Badinou et al., 2016, p.12)

Les Jeux olympiques ont un souci de se moderniser et d’évoluer ; on peut penser à la naissance de nouvelles disciplines, mais également à l’évolution de la technologie de captation et de diffusion utilisée. La préparation, l’organisation et la couverture génèrent un nombre grandissant d’archives courantes, dont une partie impressionnante deviendront presque instantanément des archives patrimoniales à valeur historique et de témoignage pour les générations futures.

C’est donc avec plaisir et intérêt que j’ai choisi de me renseigner sur le traitement des archives au Comité International Olympique (CIO), bien que ce ne soit pas un sujet d’actualité puisque le travail a pris fin depuis plusieurs années maintenant. Ces archives n’ont pas été étrangères à la vague mondiale des dernières décennies d’intérêt et d’urgence à la pérennisation de l’information.

Nous débuterons par une définition brève du CIO. Ensuite, nous verrons le sujet d’intérêt principal, c’est-à-dire le projet de programme de sauvegarde du patrimoine du CIO nommé « Patrimonial Assets Management » (PAM) et finalement, son legs. L’attention de ce billet se portera majoritairement sur la conservation des archives photographiques et audiovisuelles.

Le Comité International Olympique

Tout d’abord, le Comité International Olympique (CIO) est une organisation internationale indépendante à but non lucratif qui a pour but de « contribuer à la construction d’un monde meilleur et pacifique en éduquant la jeunesse par le biais d’une pratique sportive en accord avec l’Olympisme et ses valeurs. » (Comité International Olympique, 2020a, chapitre 1, règle 1.1). L’accent est surtout mis sur la couverture des Jeux olympiques et leur diffusion, étant la meilleure façon de « promouvoir les valeurs olympiques et le développement des Jeux olympiques dans le monde » (Comité International Olympique, 2020d).

La retransmission télévisuelle est un des enjeux les plus importants pour augmenter la popularité de l’événement et pour la génération des revenus. Toutefois, couverture médiatique veut également dire génération de contenu en grande quantité, plus précisément de documents d’archives de type et de supports multiples : « chaque édition des Jeux d’été ajoute environ 3 500 heures de vidéos et 40 000 photos, ainsi que plusieurs centaines d’artefacts et de documents d’archives. » (Comité International Olympique, 2020c). Au fil des éditions, la technologie de captation évolue grandement et certains supports utilisés seulement quelques années auparavant deviennent maintenant désuets :

En effet, plus de 2 000 heures de films, 33 000 heures de vidéos, 8 500 heures de séquences audios et 500 000 photographies étaient menacées de disparition. De plus, 2 000 documents d’archives et 20 000 artefacts des collections du Musée Olympique devaient faire l’objet d’un traitement documentaire modernisé. (Comité International Olympique, 2020c)

Le Patrimonial Assets Management

C’est dans cette foulée que le programme de sauvegarde du patrimoine du Comité International Olympique nommé Patrimonial Assets Management (PAM) a été mis sur pied en 2007 afin de préserver des documents d’archives créés sur plus de 100 ans. Selon une étude mise sur pied par les archivistes du CIO, ces documents d’archives étaient en danger imminent de ne plus pouvoir être consultés : « 50% des vidéos seraient illisibles, 20% des photographies inutilisables et qu’aucun lecteur audio ne serait disponible pour lire une grande partie de la collection. » (Comité International Olympique, 2020c). Ces problèmes ne sont malheureusement pas des problèmes isolés, ils touchent la majorité des institutions qui détiennent des archives audiovisuelles. Pour le CIO, il était donc urgent d’agir pour préserver ce patrimoine international et aussi de l’adapter à la réalité numérique d’aujourd’hui pour faciliter son accessibilité au plus grand nombre.

D’ailleurs, le projet a fait redécouvrir certains documents qui avaient été oubliés, en voici quelques exemples : « Car nombre de documents, redécouverts, n’avaient jamais été revus, comme ce long travelling sur la Tour Eiffel aux JO de 1900, en pleine exposition universelle, ou le tour d’honneur de Spyridon Louis, vainqueur du marathon en 1896 à Athènes. » (Huffpost, 2015)

Des trésors cachés, tels que l’enregistrement vocal sur disque de cire du baron Pierre de Coubertin en 1935, les photographies d’une épreuve de course de sacs aux Jeux olympiques de Saint-Louis en 1904, ou encore les actualités olympiques pendant l’Exposition universelle de Paris en 1900 ont ainsi été sauvegardés. (Baumann et al., 2016, p.11)

Le programme d’envergure (PAM) a compté plus de 40 spécialistes (archivistes, documentalistes, techniciens, ingénieurs, juristes, administrateurs de site web et chefs de projet) qui ont totalisé plus de 100 000 heures de travail sur une étendue de 7 ans. (Comité International Olympique, 2020c)

Évaluation des besoins

Tout d’abord, une évaluation des besoins a été réalisée ; comprendre les besoins des utilisateurs des archives, qui sont les utilisateurs, quelles sont les technologies disponibles pour mener à terme ce projet et surtout qui possède ces technologies et le savoir-faire. Ensuite, une fois le plan d’action élaboré, plusieurs étapes parallèles ont pu démarrer. (Chardonnens, 2016, p.18)

Conservation et manipulations

Un chantier d’opérations et manipulations techniques a dû avoir lieu pour ralentir la dégradation ou sauver des documents d’archives de toute sorte. Par exemple, 400 heures de film sur support 16 et 35 mm qui ont été migrés vers de la pellicule neuve ce qui permettra une conservation approximative d’une centaine d’années supplémentaires (Huffpost, 2015). « The most valuable films – a quarter of the collection – were restored, digitised and written to new film by Protek in the USA, with the rest of the films cleaned and reconditioned by Reto Kromer in Switzerland. » (Sound & Picture, 2015)

Selon l’Image Permanence Institute, plusieurs facteurs peuvent conduire à la dégradation prématurée de la pellicule ; le facteur biologique où des organismes s’attaquent à la pellicule (moisissure, etc.), le facteur chimique où la composition chimique du support change en affectant l’image et finalement le facteur mécanique où l’on peut voir un rétrécissement de la base (acétate, polyester) et conduire à un détachement partiel de la base et de l’émulsion (la couche où se forme l’image). Tous ces problèmes sont dus à une température et/ou humidité relative inadéquate (trop faible ou trop élevée, ou bien le manque de stabilité) (Adelstein & Image Permanence Institute, 2009, p.2).

La décision de migrer de la pellicule d’origine vers une pellicule neuve n’est pas un mauvais choix, au contraire ; la pellicule de polyester couleur est un médium qui a une durée de vie supposée d’au moins 300 ans lorsque gardée dans des conditions idéales : « COLD with 50% max. RH is less stringent than the ISO recommendation but will provide satisfactory image stability for over 300 yrs » (Adelstein & Image Permanence Institute, 2009, p.4 sous Polyester Base Photographic Film). Cette migration vers une nouvelle pellicule permet également d’éviter une dématérialisation complète des fonds audiovisuels ainsi que de conserver un support plus en lien avec le support d’origine. L’utilisation de matériaux spécialisés contribue à une durée de vie plus longue des supports filmiques ; il est possible de s’informer sur une foule de matériaux sur le site internet de Préserv’Art (Centre de conservation du Québec, 2014a).

Certaines bobines ont eu besoin de soins particuliers, car elles étaient atteintes de l’hydrolyse de l’acétate de cellulose ou communément surnommé syndrome du vinaigre (dû à la forte odeur de vinaigre qui se dégage des documents atteints de ce phénomène chimique libérant de l’acide acétique) (Adelstein & Image Permanence Institute, 2009; Comité International Olympique, 2020c). Cette détérioration se manifeste lorsque les pellicules filmiques (surtout les bandes-son) sur base d’acétate sont exposées à une chaleur et humidité relative trop élevée. (Conseil canadien des archives, 2003, p.69). La conservation de bobines dans leur boitier d’origine en métal aggrave parfois le phénomène puisque ces boitiers ne sont pas ventilés.

[…] certains plastifiants contenus dans l’acétate de cellulose peuvent migrer à la surface de la pellicule sous forme d’exsudation (gouttes, bulles, cristaux). Les pellicules photographiques composées d’acétate de cellulose, bien qu’elles soient moins inflammables que les pellicules faites de nitrate de cellulose, se déforment et deviennent cassantes. Dégradées, ces pellicules présentent parfois des colorations bleues ou roses. (Centre de conservation du Québec, 2014b)

Il ne faut pas sous-estimer la nécessité les soins de base de conservation que les documents d’archives doivent recevoir même s’ils sont considérés en bon état et moins prioritaires que les supports en perditions. En effet, ils peuvent faire la différence et conduire à un support qui sera toujours viable dans plusieurs décennies et qui nécessitera peu d’actions couteuses pour le conserver. Ces soins comprennent une manipulation adéquate (Conseil canadien des archives, 2003) ainsi qu’un nettoyage minimal (Hendricks, 2009, p.3).

La numérisation

Un travail colossal de numérisation a également eu lieu lors du PAM : 40 à 125 photos et 15 à 20 heures d’enregistrements ont été traitées par jour (Comité International Olympique, 2020c). Ce travail nécessite la disponibilité de lecteurs de tous les types de supports audios et vidéos qui sont parfois difficiles à localiser. Il y a alors une importante quantité de travail de préparation en amont pour trouver des machines en état de fonctionner correspondant à tous les supports (HDcam, Betacam, U-matic, Hi8, pellicule 16mm, VHS, etc.). Il faut également savoir qu’en cours d’utilisation, ces lecteurs ne sont pas à l’abris d’un bris et de la recherche exhaustive est nécessaire pour trouver des pièces et la main-d’œuvre disponible pour les réparer :

Since videotape is dependent on playback equipment to be seen and heard, the loss of this equipment creates the greatest risk. Format identification will help you establish whether playback equipment is available for tapes in your collection. For example, some formats, such as 2” quadruplex, have been obsolete for over 25 years, so equipment, parts, and experienced technicians for formats are difficult to find. Some tape formats require specific machines to playback properly; for example, not all 3/4” Umatic tapes will play back on the same Umatic deck. The media or tape formats are also changing. One only needs to remember laser disks – marketed as a revolutionary new format – as a recent example of media obsolescence (Jimenez et al., 2004, p.37).

Une autre étape à ne pas négliger est l’observation de chaque support que l’on s’apprête à jouer ou numériser selon Dominique Plante, chargé de cours à l’EBSI ; en effet, une cassette contaminée (par le syndrome « sticky-shed » ou par la moisissure par exemple) peut encrasser les têtes de lecture et occasionner un bris d’équipement ou bien contaminer les cassettes subséquentes qui seront jouées dans ce même lecteur. Les techniciens doivent donc être toujours vigilent dans le processus (Plante, 2020). Au fait de ces informations, la grande question dans les projets de numérisation est souvent de choisir si elle se fera à l’interne avec une formation de techniciens ou bien si elle se fera en mandatant une entreprise externe :

Le CIO a eu à cœur de travailler avec des prestataires qui avaient fait leurs preuves dans des projets similaires. Les cahiers des charges techniques ont ainsi été diffusés dans le monde entier. Le choix final, basé sur une sélection de trois prestataires par types de supports, a fait ensuite l’objet de tests évalués sur des échantillons de nos archives. (Baumann et al., 2016, p.11)

Il est important de choisir avec soin les entreprises externes à un centre d’archives pour faire la numérisation : selon le type de documents, certaines techniques et de la documentation claire devront être utilisées pour préserver l’intégrité de l’information et des documents d’archives. Il faut s’assurer que le fournisseur responsable a déjà tenu des projets similaires par le passé, qu’il possède l’équipement nécessaire aux besoins du projet en question et que le contrôle de qualité correspond aux standards, normes et surtout, aux attentes.

Un autre point à ne pas négliger est la décision du format de fichier qui découlera de cette numérisation ; il est important de choisir un format pérenne et donc ouvert de préférence, même si cela ne garantit pas qu’on pourra le lire dans 100 ans selon BAnQ :

Les évolutions techniques sont tellement rapides qu’aucun format n’est pérenne. En revanche, certains formats, de par leurs caractéristiques, seront plus simples à gérer à long terme que d’autres. Privilégier un format sur la seule prémisse qu’il est ouvert ne suffit pas. En effet, un format ouvert peut être complexe à gérer à long terme, soit parce que sa documentation est pauvre ou mal maintenue, soit parce qu’il est peu populaire et donc qu’il existe peu de logiciels pour le manipuler.

Actuellement, la seule manière de s’assurer qu’un document numérique sera lisible et exploitable par les générations futures est de le créer dans un format répondant à des critères définis dont on suivra les risques d’obsolescence et pour lequel on mettra en place des stratégies de migration vers un autre format advenant qu’il devienne inutilisable (BAnQ, 2020, p.2).

En ce qui a trait aux photographies, il a été décidé de monter des chaînes de numérisation internes pour la plupart, bien qu’il y ait eu quelques exceptions :

Après plusieurs tests de scanners, qui devaient allier qualité en haute résolution et possibilité de numérisation de masse, le choix s’est porté sur le KODAK iQsmart (CREO). Les photographies dites institutionnelles, souvent des duplicatas, ont été envoyées en Thaïlande chez un prestataire formé par le spécialiste photo du CIO. Les tirages grands formats sont restés en Suisse et ont été numérisés par un prestataire spécialisé dans la restauration photographique (Baumann et al., 2016, p.11).

Le projet PAM, comme tout projet, a subi quelques pépins inattendus :

[…] lorsque le CIO a transmis ses lecteurs vidéo Panasonic-D3 à son prestataire de service, ce dernier s’est aperçu que les têtes de lecture étaient usées et ne pourraient pas relire l’ensemble des cassettes. Panasonic, partenaire de longue date du Comité International Olympique, a sans hésiter remonté une chaîne de production au Japon, permettant le remplacement des têtes de lecture et ainsi la numérisation intégrale des bandes vidéo D3, qui dataient, pour les premières, des Jeux olympiques de Barcelone en 1992. (Baumann et al., 2016, p.11)

« Fin 2012, c’est un autre événement inattendu qui se produit: le sous-sol du siège de Lausanne, où sont entreposées les bandes de secours, est inondé après des intempéries. Mais protégées dans des coffres-forts, les bandes n’ont pas souffert. » (Huffpost, 2015).

Retouche et corrections

Il y a aussi eu du travail au niveau de la postproduction, c’est-à-dire de la retouche numérique (Comité International Olympique, 2020c), sur certains documents numérisés lorsqu’évalué nécessaire ; la retouche numérique peut inclure le nettoyage des images en mouvement comme enlever la poussière qui peut être présente sur plusieurs images de la pellicule filmique ou bien lorsque la pellicule filmique est endommagée physiquement et que l’on veut reconstruire les déchirures ou faire disparaître des tâches pour la diffusion. Du travail au niveau de la correction couleur peut avoir lieu dans certain cas : par exemple corriger un déphasage anormal des couleurs ou bien recalibrer les blancs qui sortent jaunâtre à l’aide d’une charte de couleurs.

Gestion et repérage

Le programme a également comporté toutes les étapes nécessaires au traitement de ces archives pour le repérage, c’est-à-dire l’inventaire, la classification, le catalogage, la description, l’indexation et la saisie de métadonnées et d’information dans des bases de données. Cet important volet du programme a porté le nom de Digital Asset Management (DAM).

La direction avait donné carte blanche au service du patrimoine Images et Sons pour formuler ses besoins selon une stratégie définissant six fonctions bien distinctes permettant de gérer l’entier d’un média, de son acquisition à son exploitation commerciale. Ce workflow comprend aujourd’hui les modules suivants : indexation documentaire, gestion des droits, gestion du référentiel, gestion des commandes clients, archivage (deep storage) et enfin, un intranet et extranet clients. (Baumann et al., 2016, p.11).

Plus concrètement, on parle d’« un intégrateur, trois partenaires technologiques, un référentiel géré par une ontologie comprenant plus de 400 000 termes permettant des recherches fédérées avec les bases photo, audiovisuelles, sonores, plus deux logiciels du marché qui gèrent les archives papiers et les 20 000 objets des collections du Musée Olympique. » (Baumann et al., 2016, p.12)

La diffusion

Lorsque le programme PAM a pris fin 7 ans après sa mise en place, le travail ne s’est pas arrêté avec lui, bien au contraire. Les documents d’archives ayant été mieux sécurisés et classifiés devaient maintenant remplir leur fonction première : être accessible au plus grand nombre par une diffusion la plus diversifiée possible. L’effort de diffusion avait déjà débuté lors du programme avec la mise en ligne de la Médiathèque Olympique en 2012, qui n’est plus en ligne aujourd’hui.

La diffusion amène au premier plan les droits d’auteurs : « Il faut aussi étudier la question des droits, comme pour les fonds rachetés à British Pathé avant 1939, mission qui occupe un juriste pendant cinq ans. » (Huffpost, 2015). Certaines archives peuvent avoir des restrictions d’accès selon leur provenance ou bien des restrictions de diffusions relatives aux régions du monde (pays, continent), ce pour quoi il ne faut pas sous-estimer cette étape cruciale où des négociations peuvent avoir lieu pour assurer une diffusion légale du patrimoine.

Un des principaux acteurs du CIO dans la diffusion des archives audiovisuelles est la Olympic World Library. Intervient aussi évidemment dans la diffusion le Musée Olympique, qui, quant à lui, expose directement 1500 artefacts olympiques ainsi que plus de 7 heures de matériel audiovisuel. Ils détiennent et conservent un grand nombre de documents d’archives, réparties en 3 collections principales : les artefacts, les archives historiques et les images et sons. (Le Musée Olympique, 2020a, 2020b, 2020c)

Bilan

Chaque projet qui prend fin comprend un regard critique sur le déroulement des activités pour faire ressortir les bons coups et aussi pour comprendre ce qui aurait pu être fait autrement. Quelques constats ont été formulés dans une présentation de M. Blaise Chardonnens, responsable des collections au Patrimoine Images & Sons lors du colloque Memoriav 2016. Parmi ces constats figure d’« anticiper les besoins futurs pendant la mise en œuvre du projet », la « Veille sur les nouvelles technologies » ainsi que de « Prévoir un Disaster Recovery Plan (DRP) ». (Chardonnens, 2016, p.27). Toujours selon la même présentation, M. Chadonnens souhaite attirer l’attention sur la planification du futur du traitement des documents d’archives avec des actions concrètes telles que de « Préparer l’arrivée des fichiers RV, 4K-8K » et d’« Optimiser la plateforme client (TOML) ».

La réussite d’une telle épopée n’a été possible que grâce à l’accompagnement de consultants expérimentés. Leurs supports ont été précieux tout au long des développements et du déploiement des nouveaux outils de gestion. Les ressources humaines ont également joué un rôle crucial dans la formation et l’accompagnement aux changements des processus. (Baumann et al., 2016, p.12)

Le programme PAM a remporté deux prix archivistiques prestigieux :

  • Le prix « Judges’ Prize » au salon de l’audiovisuel de l’International Broadcasting Convention (IBC) lors de son édition 2015 (Comité International Olympique, 2020b)
  • Le prix « Meilleur projet de conservation des archives » de la Fédération internationale des archives de télévision (FIAT) en octobre 2015 (FIAT IFTA, s. d.)

En conclusion, il va sans dire que le traitement des archives découlant des Jeux olympiques, et surtout le programme « Patrimonial Asset Management » est un travail d’équipe colossal qui mérite d’être récompensé et connu. Ils ont également pavé la voie vers de nouveaux chantiers de conservation des archives, selon Michael Lumley, qui siège au comité des prix IBC :

Broadcasters, production companies and anyone with an audiovisual archive can look to the IOC’s Patrimonial Assets Management project to see a model of conservation and access. IBC is pleased to be able to draw attention to this issue through this award, as well as recognizing the excellent work the IOC is undertaking. » (Sound & Picture, 2015).

Le travail archivistique n’est jamais terminé, en fait il se poursuit par la conservation, la pérennisation de l’information et des supports ainsi que par l’invention de nouvelles manières créatives de diffuser. Selon Christophe De Kepper, directeur général du CIO: « Il nous incombait de perpétuer l’héritage culturel de plus d’un siècle d’histoire olympique que nous ont transmis nos ancêtres. Le patrimoine du CIO peut maintenant résister à l’épreuve du temps et être partagé facilement » (Comité International Olympique, 2020c).

Si les archives olympiques vous intéressent, je vous recommande grandement la collection sur les Jeux de Montréal rendue disponible par BAnQ (Léger, 2016). Grâce aux archivistes qui ont su communiquer l’urgence d’agir, les documents d’archives des Jeux olympiques peuvent donc jouir de leur plein potentiel historique et continuer d’inspirer les générations à venir, pour notre plus grand plaisir collectif.

***

* Ce texte est une version révisée et augmentée d’un travail pratique réalisé dans le cadre du cours ARV1050 – Introduction à l’archivistique – donné au trimestre d’automne 2020 par Isabelle Dion à l’EBSI, Université de Montréal.

Source CC BY 2.0

Bibliographie

Sources citées ou consultées dans le cadre de ce travail pour l’EBSI, Université de Montréal.

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Badinou, P., Bouvier, D., & Danguy, L. (2016). Le fabuleux destin des biens culturels ; Ordre et désordres de la réception (p.12). BSN press. https://www.cairn.info/le-fabuleux-destin-des-biens-culturels–9782940516636.htm

BAnQ. (2020). Guide concernant les formats favorisés par BAnQ (p.2; p. 10). Bibliothèques et Archives nationales du Québec. https://www.banq.qc.ca/documents/archives/archivistique_gestion/publications_proposees/Guide-formats-BAnQ_Final.pdf

Baumann, L., Messerli, F., Mumenthaler, S., & Fondation Olympique pour la culture et le patrimoine, unité gestion du patrimoine culturel. (2016). Le patrimoine audiovisuel, photographique et sonore du Comité Internationnal Olympique sauveguarde et mise à disposition des collections. Memoriav, 1(23), 10‑12. https://memoriav.ch/wp-content/uploads/2016/10/Memoriav_Bulletin_23_Web2.pdf

Centre de conservation du Québec. (2014a). Préserv’Art Accueil [Éducation]. Preserv’Art. http://preservart.ccq.gouv.qc.ca/

Centre de conservation du Québec. (2014b). Acétate de cellulose [Éducation]. Préserv’Art. conservation préventive. http://preservart.ccq.gouv.qc.ca/LexiqueFiche.aspx?ID=300

Chardonnens, B. (2016). Sauvegarde par le Comité International Olympique de cent vingt années d’histoire olympique [Éducation]. Colloque Memoriav 2016 « Act Global –Archive Local » (p.18, 27). http://memoriav.ch/wp-content/uploads/2016/11/CHARDONNENS_Blaise_COI_28Nov2016.pdf

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Léger, M. (2016, juillet 13). Les archives des Jeux olympiques de Montréal : Une mine de renseignements. Instantanés. https://blogues.banq.qc.ca/instantanes/2016/07/13/archives-jeux-olympiques-de-montreal-de-renseignements/

Olympic Broadcasting Services. (s. d.). Company overview [Éducation]. Olympic Broadcasting Services. Consulté 8 décembre 2020, à l’adresse https://www.obs.tv/organisation

Plante, D. (2020, septembre 16). ARV3051 Préservation des archives [Cours magistral]. Séance 3 – Module 1 – Évaluer, Université de Montréal.

Sound & Picture. (2015, juin 22). Olympic Archive Conservation to be Honored by IBC. Sound & Picture. https://soundandpicture.com/2015/06/olympic-archive-conservation-to-be-honored-by-ibc/

Ce format de présentation des travaux étudiants a été développé à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal (http://www.ebsi.umontreal.ca/).

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